Jeux de Tout Petit : les couleurs du printemps au jardin
20 avril 2008 — toutpetitsEn ce début de printemps, nous-mêmes, adultes et grands enfants, sommes assaillis de sensations de tous ordres. Surtout n’en privons pas nos tout petits.
Sortons au jardin, dès qu’il fait beau, notre tout petit, en poussette s’il ne marche pas encore, à pied, bien botté si c’est déjà un grand ou une grande. N’oublions pas les aînés qui vont déjà à la maternelle.
Équipons-nous d’un bon sécateur, et de temps en temps, après avoir beaucoup admiré, senti, parlé, prélevons, une brindille, un rameau de 10 A 20 cm, feuillu et/ou fleuri, et faisons que ce soit notre tout petit qui le mette dans un grand sac plastique. Un appareil photo numérique, une caméra permettront de « saisir » des objets et des séquences précieuses, comme par la suite de mémoriser les rangements qu’on pourra faire éventuellement.
Relisez le précédent billet « ToutPetits-Jeux (TpJx) : Jeux de rien, jeux de tout » et voyez la collecte de rameaux feuillus, fleuris ou non que nous avons faite.
Mais ce bain de nature renaissante, cette immersion dans la douceur et la beauté printanières ne se réduit pas aux quelques images que vous pouvez voir (« Images TpJx) dans la marge de gauche du blog, mais aussi ici, dans notre galerie Flickr « Fleurs et feuilles : les couleurs du jardin de Toutpetits ». Cet album, vous pouvez l’organiser en diaporama, à partir de Flickr ou en visualiser une à une chaque image.
Mais chacun de vous saura, aidé des aînés, en tirer bien d’autres richesses, bien d’autres manières de sensibiliser les tout petits à la richesse et à l’infinie diversité du réel, aux similitudes, ressemblances, comme aux différences qu’on y perçoit, ce « jeu » qu’il faut introduire dans la globalité originelle pour une compréhension de plus en plus fine.
Ce plaisir d’essais de catégorisations, de classifications par similitudes et contrastes n’est que la dernière étape de cette glane, de cette promenade, de ce bain dans la nature. Et on peut « récolter » bien d’autres trésors selon les hasards, les chances de la sortie.
Tout d’abord, il y a le bonheur, le bien-être, le plaisir et le désir d’encore plus de plaisir.
Tout Petit reconnaît parfaitement les préparatifs d’une sortie, d’une promenade : pas mieux et pas moins que votre chien quand vous prononcez certains mots, quand vous décrochez sa laisse… D’ailleurs, il faut que vous l’invitiez à cette sortie au jardin : vous verrez qu’il y participera avec autant de bonheur que vos enfants, et que sa présence contribuera à la plénitude du plaisir collectif. Et si Papa est là lui aussi, alors…
Les tout petits sont particulièrement sensibles au monde végétal vivant. Écoutez Françoise Dolto :
« Si vous voulez déclencher la joie chez un bébé atone et qui semble ignorer le sourire, montres-lui une feuille de marronnier, une feuille de caoutchouc, une banale plante verte d’appartement : vous verrez ce petit, qui n’avait jamais souri, s’exalter, respirer à larges poumons et donner les preuves d’un échange réel qu’il semblait jusque-là n’avoir jamais connu. Ceci est extrêmement intéressant, car à cet âge où l’enfant ne voit pas à proprement parler, nous constatons cependant qu’il se passe quelque chose de merveilleusement exaltant, de tout à fait salutaire entre lui et les plantes, sans pouvoir définir précisément cet échange. » Dans le paragraphe suivant de ce précieux livre (« Les étapes majeures de l’enfance » Gallimard, Folio essais p 350), Françoise Dolto illustre encore mieux la force exaltante et stabilisatrice de ce contact enfant / monde végétal (un peu sans doute ce que permet un animal, un chien, un poney, pour un enfant autiste), et elle termine ainsi: « Que se passe-t-il ? Un échange certainement. Et tout dans l’enfant prouve l’activité de cet échange, échange physiologique d’abord, puis l’expression typiquement humaine qu’est la mimique même du sourire. »
Toute sortie en plein air avec un tout petit doit être pour lui un temps bref et dense d’exaltation, de stimulation, d’éveil sensoriel, de découvertes, et non pas comme trop souvent, un moment de sieste, une sorte d’anesthésie commode par l’oxygène de l’air plus pur.
Essayons de faire un inventaire de ce déferlement sensoriel qui submerge le tout petit (qui est loin d’être blasé comme nous).
Pour tout cela il faudra vous aussi vous exalter, vous enthousiasmer, participer comme si vous sortiez de prison, comme si vous débarquiez dans un jardin d’Eden. Ces sensations affectives, cette bulle de plaisir contagieux qui va vous entourer, c’est le gage certain d’un enrichissement pour votre tout petit. Mais aussi pour les plus grands : les joies sincères et partagées sont les plus intenses, les plus vraies, les plus apaisantes.
Alors ne soyez pas avare de vos « Oh c’est beau ! c’est joli ! Comme elles sont bien rangées ces feuilles sur la branche !, hum! ça sent bon”…
Sensations tactiles passives : L’air, le vent, la fraîcheur, la chaleur des zones ensoleillées, l’humidité de quelques gouttes tombées des branchages ou demeurées sur les rameaux cueillis, la caresse des feuilles, des menus rameaux promenés sur la main, le bras, le visage…
Sensations tactiles actives (souvent coordonnées avec le plaisir visuel des formes et des couleurs, les abeilles sur les fleurs, les merles affairés sur la pelouse, et la découverte provoquée, renouvelée des parfums…
Tout ce qui est saisi, manipulé, décortiqué, effeuillé, mais aussi porté à la bouche (attention !)
Sensations auditives : Le vent encore, le murmure, les bruissements divers selon les arbres, des bourdonnements d’insectes, des chants d’oiseaux, des voix, des bruits familiers plus ou moins connus et reconnus selon l’âge…
Et bien sûr, en fonction de l’âge, n’hésitez pas à employer les mots qui donnent leur identité aux choses, aux sensations (c’est beau, joli, j’aime bien cette odeur), les noms de couleurs, de quelques arbres typiques, les abeilles…) Là aussi, il faut parler vrai: parler juste et sincère.
Tout cela – et vous découvrirez bien d’autres sources possibles de jeux de connaissance, reconnaissance, discrimination - dans un climat de plaisir partagé.
C’est ce climat positif de plaisir qui persistera un peu plus tard, quand vous reprendrez votre « moisson » de souvenirs, d’objets concrets, bien réels, avec lesquels nous allons jouer, avec l’aide des plus grands.
Nos jeux, dans cette seconde phase seront surtout la redécouverte des joies et des sensations tactiles, visuelles, olfactives déjà vécues – même les bruissements en demandant par exemple à un grand de faire le vent, en agitant un rameau de conifère…
La partie classement, catégorisation que vous voyez dans les images que j’ai jointes au blog et dans notre galerie de Flickr, n’est pas l’essentiel pour vos tout petits de moins de 3 ans.
L’essentiel pour eux cela a été le plaisir partagé puis retrouvé quelques heures ou quelques jours après.
Les plus grands, les cracks de la maternelle ou des petites classes du primaire, se feront une joie de présider au tri des rameaux, à leur rangement dans des « petites maisons » rouges, vertes, jaunes… Vous aurez facilement la chance de trouver bien d’autres nuances de couleurs dans vos jardins, surtout si vous avez quelques parterres de tulipes parsemés de pétales. Ce serait bien que ce soit le geste (guidé au besoin et commenté par le plus grand) du tout petit qui place dans sa maison le rameau dont on parle. Soyez sûrs, que comme en classe à plusieurs divisions, les grands sont d’excellents pédagogues et savent trouver les mots pour faire comprendre quelque chose à un plus petit.
Vous l’avez compris, une foule de rangements, de catégorisations sont possibles avec le même « matériel » ; et on n’est pas non plus obligé de tout trier, de tout catégoriser : ainsi les nuances sont une étape importante, mais la réussite ou l’échec ne prouve en rien précocité ou retard intellectuel : l’essentiel c’est de toucher, de bricoler, d’ordonner un réel multiforme, multicritères, toujours dans la joie et dans la conscience d’un progrès, d’un enrichissement, d’une meilleure connaissance.
Photographiez, filmez ces moments de bonheur. Vos glanes, vos « exploitations » seront forcément différentes.
Ce serait vraiment très bien si vous les joigniez à la galerie Flickr. Prenez la peine de la visiter, de l’explorer, d’y tenter des envois de vos images. Voyez en particulier la « Foire aux questions » (la FAQ) ainsi que les « outils » offerts par le logiciel Flickr (le logiciel de téléchargement de vos photos : Flickr Uploadr 3.0 qui fonctionne pour Windows Vista et XP, ainsi que La Galerie de photos Windows Live est « la nouvelle application de gestion photos gratuite de Microsoft. Elle facilite le téléchargement des photos de votre appareil ou carte mémoire, leur édition ou rognage, et les télécharge directement dans Flickr. » Vous pourrez ranger votre série de photos dans un « album » que vous pourrez nommer, assortir chacune des photos de votre album d’un titre et de « tags » (de mots-clé)… C’est impressionnant de puissance (plus de 3000 nouvelles photos chaque minute, plus de 3 milliards au total. Profitez-en, régalez-vous !).










