Glanes
12 février 2008 — toutpetitsOn constate sur le Net un intérêt croissant pour le thème de la toute petite enfance.
C’est-à-dire pour l’épanouissement en 2-3 ans des possibilités du futur écolier de petite section de maternelle.
Page 19 à 26 du rapport Attali : (Chapitre 1 / “Au commencement, le savoir”)
“Il n’y aura de croissance forte que si la société est capable d’aider
chacun à trouver les domaines dans lesquels il peut être le plus
heureux et le plus créatif. La croissance dépend à long terme du
potentiel de la jeunesse, de sa confiance en elle-même, de son
optimisme, de son goût de créer, de sa capacité à innover, enfin de
son insertion professionnelle et personnelle au sein de la société.”
…
“[Malgré les efforts budgétaires] Le poids de l’origine sociale n’a jamais autant déterminé les parcours scolaires, et ces derniers n’ont jamais autant déterminé les parcours professionnels…”
…
“OBJECTIF Doter tous les enfants des atouts nécessaires au monde.
L’acquisition de la confiance se fait pour les deux tiers de tous nos
enfants, quels que soient la culture et le niveau social, lors des dix
premiers mois, bien avant le début de la parole. Pratiquement tous
les enfants épanouis se trouvent dans des milieux affectifs et
sociaux stables : lorsque arrive l’âge de l’école, ils sont les mieux
préparés à en profiter. À l’opposé, un enfant sur trois connaît dès les
premiers mois une difficulté de développement. Lorsqu’ils entrent à
l’école, ils vivent cette épreuve comme un véritable traumatisme,
régressent, dorment mal, et leur angoisse provoque une inhibition
relationnelle et intellectuelle qui les place d’emblée parmi les
mauvaises performances scolaires. Humiliés par l’école, ils se
mettent à la détester et développent souvent des comportements
hostiles.”
…
“Au total, quand ils arrivent à l’école primaire, les enfants présentent
des différences en termes d’éveil, de maîtrise du vocabulaire, de capacité
d’écoute, d’aptitude à retenir, etc. L’école primaire ne permet pas
de réduire les difficultés décelées à la maternelle. Les facteurs de base
de la croissance sont alors irréversiblement en place.
La prise en charge très tôt des enfants est par conséquent
primordiale. Pour cela, il est fondamental de se donner des obligations
de résultats en termes d’éveil des comportements…”
Voici maintenant quelques pépites de Boris Cyrulnik
“Il est par exemple essentiel de travailler sur l’amélioration de l’accueil de la toute petite enfance. Tous les travaux d’éthologie, les travaux sur l’attachement, montrent que dès les premiers mois de la grossesse, quand un enfant est entouré par un milieu affectif stable, il acquiert une confiance primordiale. Résultat, quand il arrive à l’âge de la parole dix mois plus tard, il parle bien. Et lorsqu’il arrive à l’école, d’emblée il se classe parmi les bons élèves de la classe et il aime l’école. Car ces enfants se construisent dans une stabilité affective et dynamisante, La Finlande et la Suède ont incroyablement développé le plaisir de l’école, le plaisir d’apprendre en améliorant les structures d’accueil des tout premiers mois de la vie. Résultat, 4% seulement des enfants ont des difficultés d’apprentissage. Alors que dans les pays négligeant cette prise en charge des premiers mois de la vie, 30% des enfants accusent de graves lacunes scolaires. Les classifications de l’Unesco montrent que la France est classée au 29ème rang sur 40 pays étudiés.organisée par une constellation affective – la mère, le père, mais aussi, la fratrie, les voisins, la famille, le quartier. C’est un mode de raisonnement. “
Pour Boris Cyrulnik, - comme pour tous les résilients - il est nécessaire que nous ayons des attitudes positives, que nous gardions l’espoir d’un mieux toujours possible, que nous ne soyons pas des “foutuïstes”:
“La mentalité collective se fabrique à partir de tous nos récits sociaux : les récits familiaux, individuels, les récits de voisinages, les mythes, les stéréotypes, les préjugés… Cet ensemble de récits ont une influence sur notre façon de penser et d’agir : ils ont un effet placebo, positif, ou nocebo, négatif. Les récits qui relatent des réussites, mettent en avant des modèles de développement, sont des récits qui encouragent. Ceux qui ne se font l’écho que d’échecs ou de défaites, découragent. Or malheureusement, ce sont les récits décourageants qui prédominent en France.”
…
“…depuis vingt ou trente ans, la France adore les récits misérabilistes : « C’est foutu, c’est perdu, on n’y arrivera jamais ». Je ne dis pas qu’ils sont tous faux, mais ce ne sont que des récits. Sauf qu’ils finissent par se transformer en théories et que leurs effets sont particulièrement négatifs. C’est ainsi que nous sommes devenus des « foutuïstes » !”
…
“Mais de nombreux universitaires restent aujourd’hui encore dans le misérabilisme. Je les entends régulièrement dire : « Quand on a été blessé dans son enfance, on est foutu pour la vie ». J’entends des avocats affirmer devant l’enfant à celui qui l’a violenté : « Monsieur, avec ce que vous avez fait à cet enfant, il est foutu pour la vie » . Et ensuite, nous avons en thérapie des enfants qui vous disent « M’en sortir ? Mais l’avocate, elle était gentille, elle connaissait tout, elle a dit que j’étais foutu pour la vie »
Mais parfois de grands traumatisés sont révoltés par cette confiance jugée excessive.
Nous allons parler très bientôt, et longuement, de la résilience, de cette force intérieure et inconsciente qui se génère dans les tout premiers temps de la vie que justement on oublie, et qui, comme une célèbre pile ne s’use que si l’on a à s’en servir…









