Jeux de Tout Petit : les couleurs du printemps au jardin

En ce début de printemps, nous-mêmes, adultes et grands enfants, sommes assaillis de sensations de tous ordres. Surtout n’en privons pas nos tout petits.
Sortons au jardin, dès qu’il fait beau, notre tout petit, en poussette s’il ne marche pas encore, à pied, bien botté si c’est déjà un grand ou une grande. N’oublions pas les aînés qui vont déjà à la maternelle.
Équipons-nous d’un bon sécateur, et de temps en temps, après avoir beaucoup admiré, senti, parlé, prélevons, une brindille, un rameau de 10 A 20 cm, feuillu et/ou fleuri, et faisons que ce soit notre tout petit qui le mette dans un grand sac plastique. Un appareil photo numérique, une caméra permettront de « saisir » des objets et des séquences précieuses, comme par la suite de mémoriser les rangements qu’on pourra faire éventuellement.

Relisez le précédent billet « ToutPetits-Jeux (TpJx) : Jeux de rien, jeux de tout » et voyez la collecte de rameaux feuillus, fleuris ou non que nous avons faite.
Mais ce bain de nature renaissante, cette immersion dans la douceur et la beauté printanières ne se réduit pas aux quelques images que vous pouvez voir (« Images TpJx) dans la marge de gauche du blog, mais aussi ici, dans notre galerie Flickr « Fleurs et feuilles : les couleurs du jardin de Toutpetits ». Cet album, vous pouvez l’organiser en diaporama, à partir de Flickr ou en visualiser une à une chaque image.
Mais chacun de vous saura, aidé des aînés, en tirer bien d’autres richesses, bien d’autres manières de sensibiliser les tout petits à la richesse et à l’infinie diversité du réel, aux similitudes, ressemblances, comme aux différences qu’on y perçoit, ce « jeu » qu’il faut introduire dans la globalité originelle pour une compréhension de plus en plus fine.
Ce plaisir d’essais de catégorisations, de classifications par similitudes et contrastes n’est que la dernière étape de cette glane, de cette promenade, de ce bain dans la nature.
Et on peut « récolter » bien d’autres trésors selon les hasards, les chances de la sortie.

Tout d’abord, il y a le bonheur, le bien-être, le plaisir et le désir d’encore plus de plaisir.
Tout Petit reconnaît parfaitement les préparatifs d’une sortie, d’une promenade : pas mieux et pas moins que votre chien quand vous prononcez certains mots, quand vous décrochez sa laisse… D’ailleurs, il faut que vous l’invitiez à cette sortie au jardin : vous verrez qu’il y participera avec autant de bonheur que vos enfants, et que sa présence contribuera à la plénitude du plaisir collectif. Et si Papa est là lui aussi, alors…
Les tout petits sont particulièrement sensibles au monde végétal vivant. Écoutez Françoise Dolto :
« Si vous voulez déclencher la joie chez un bébé atone et qui semble ignorer le sourire, montres-lui une feuille de marronnier, une feuille de caoutchouc, une banale plante verte d’appartement : vous verrez ce petit, qui n’avait jamais souri, s’exalter, respirer à larges poumons et donner les preuves d’un échange réel qu’il semblait jusque-là n’avoir jamais connu. Ceci est extrêmement intéressant, car à cet âge où l’enfant ne voit pas à proprement parler, nous constatons cependant qu’il se passe quelque chose de merveilleusement exaltant, de tout à fait salutaire entre lui et les plantes, sans pouvoir définir précisément cet échange. » Dans le paragraphe suivant de ce précieux livre (« Les étapes majeures de l’enfance » Gallimard, Folio essais p 350), Françoise Dolto illustre encore mieux la force exaltante et stabilisatrice de ce contact enfant / monde végétal (un peu sans doute ce que permet un animal, un chien, un poney, pour un enfant autiste), et elle termine ainsi: « Que se passe-t-il ? Un échange certainement. Et tout dans l’enfant prouve l’activité de cet échange, échange physiologique d’abord, puis l’expression typiquement humaine qu’est la mimique même du sourire. »

Toute sortie en plein air avec un tout petit doit être pour lui un temps bref et dense d’exaltation, de stimulation, d’éveil sensoriel, de découvertes, et non pas comme trop souvent, un moment de sieste, une sorte d’anesthésie commode par l’oxygène de l’air plus pur.

Essayons de faire un inventaire de ce déferlement sensoriel qui submerge le tout petit (qui est loin d’être blasé comme nous).
Pour tout cela il faudra vous aussi vous exalter, vous enthousiasmer, participer comme si vous sortiez de prison, comme si vous débarquiez dans un jardin d’Eden. Ces sensations affectives, cette bulle de plaisir contagieux qui va vous entourer, c’est le gage certain d’un enrichissement pour votre tout petit. Mais aussi pour les plus grands : les joies sincères et partagées sont les plus intenses, les plus vraies, les plus apaisantes.

Alors ne soyez pas avare de vos « Oh c’est beau ! c’est joli ! Comme elles sont bien rangées ces feuilles sur la branche !, hum! ça sent bon”…
Sensations tactiles passives : L’air, le vent, la fraîcheur, la chaleur des zones ensoleillées, l’humidité de quelques gouttes tombées des branchages ou demeurées sur les rameaux cueillis, la caresse des feuilles, des menus rameaux promenés sur la main, le bras, le visage…
Sensations tactiles actives (souvent coordonnées avec le plaisir visuel des formes et des couleurs, les abeilles sur les fleurs, les merles affairés sur la pelouse, et la découverte provoquée, renouvelée des parfums…
Tout ce qui est saisi, manipulé, décortiqué, effeuillé, mais aussi porté à la bouche (attention !)
Sensations auditives : Le vent encore, le murmure, les bruissements divers selon les arbres, des bourdonnements d’insectes, des chants d’oiseaux, des voix, des bruits familiers plus ou moins connus et reconnus selon l’âge…

Et bien sûr, en fonction de l’âge, n’hésitez pas à employer les mots qui donnent leur identité aux choses, aux sensations (c’est beau, joli, j’aime bien cette odeur), les noms de couleurs, de quelques arbres typiques, les abeilles…) Là aussi, il faut parler vrai: parler juste et sincère.

Tout cela – et vous découvrirez bien d’autres sources possibles de jeux de connaissance, reconnaissance, discrimination - dans un climat de plaisir partagé.

C’est ce climat positif de plaisir qui persistera un peu plus tard, quand vous reprendrez votre « moisson » de souvenirs, d’objets concrets, bien réels, avec lesquels nous allons jouer, avec l’aide des plus grands.

Nos jeux, dans cette seconde phase seront surtout la redécouverte des joies et des sensations tactiles, visuelles, olfactives déjà vécues – même les bruissements en demandant par exemple à un grand de faire le vent, en agitant un rameau de conifère…

La partie classement, catégorisation que vous voyez dans les images que j’ai jointes au blog et dans notre galerie de Flickr, n’est pas l’essentiel pour vos tout petits de moins de 3 ans.
L’essentiel pour eux cela a été le plaisir partagé puis retrouvé quelques heures ou quelques jours après.
Les plus grands, les cracks de la maternelle ou des petites classes du primaire, se feront une joie de présider au tri des rameaux, à leur rangement dans des « petites maisons » rouges, vertes, jaunes… Vous aurez facilement la chance de trouver bien d’autres nuances de couleurs dans vos jardins, surtout si vous avez quelques parterres de tulipes parsemés de pétales. Ce serait bien que ce soit le geste (guidé au besoin et commenté par le plus grand) du tout petit qui place dans sa maison le rameau dont on parle. Soyez sûrs, que comme en classe à plusieurs divisions, les grands sont d’excellents pédagogues et savent trouver les mots pour faire comprendre quelque chose à un plus petit.

Vous l’avez compris, une foule de rangements, de catégorisations sont possibles avec le même « matériel » ; et on n’est pas non plus obligé de tout trier, de tout catégoriser : ainsi les nuances sont une étape importante, mais la réussite ou l’échec ne prouve en rien précocité ou retard intellectuel : l’essentiel c’est de toucher, de bricoler, d’ordonner un réel multiforme, multicritères, toujours dans la joie et dans la conscience d’un progrès, d’un enrichissement, d’une meilleure connaissance.

Photographiez, filmez ces moments de bonheur. Vos glanes, vos « exploitations » seront forcément différentes.
Ce serait vraiment très bien si vous les joigniez à la galerie Flickr. Prenez la peine de la visiter, de l’explorer, d’y tenter des envois de vos images. Voyez en particulier la « Foire aux questions » (la FAQ) ainsi que les « outils » offerts par le logiciel Flickr (le logiciel de téléchargement de vos photos :
Flickr Uploadr 3.0 qui fonctionne pour Windows Vista et XP, ainsi que La Galerie de photos Windows Live est « la nouvelle application de gestion photos gratuite de Microsoft. Elle facilite le téléchargement des photos de votre appareil ou carte mémoire, leur édition ou rognage, et les télécharge directement dans Flickr. » Vous pourrez ranger votre série de photos dans un « album » que vous pourrez nommer, assortir chacune des photos de votre album d’un titre et de « tags » (de mots-clé)… C’est impressionnant de puissance (plus de 3000 nouvelles photos chaque minute, plus de 3 milliards au total. Profitez-en, régalez-vous !).

ToutPetits-Jeux (TpJx) : Jeux de rien, jeux de tout

Relisons d’abord cette page « Jouer avec rien, jouer avec tout », et celle-ci aussi, déjà plus pratique : « Des intentions à l’action »
Cette page de rien contient tout l’essentiel de ce dont il faut être persuadé : L’intelligence d’un petit d’homme se construit dès la naissance, et sitôt que la main devient capable de tenir et que le regard se coordonne pour profiter des trouvailles de la main et des manipulations, le déjà formidable cerveau est envahi de sensations visuelles, tactiles… que tant bien que mal - mais en tout cas de mieux en mieux à mesure des tâtonnements - il analyse, coordonne, mémorise. C’est dans ce triangle main / œil / pensée que se sont forgés, que se forgeront tous les génies de l’humanité, passés et à venir. Cela va durer jusqu’à l’adolescence : alors le cerveau tout puissant, fort de son vécu concret, saura se passer de la main et de l’œil (sinon pour mémoriser par écrit le cheminement de ses hypothèses). C’est alors que le « tu vois ? » prend toute sa valeur de représentation.
Mais dès les tout débuts de la préhension, du déliement digital et de la coordination oculomotrice, étymologiquement, déjà, comprendre c’est prendre avec soi.

Comprendre c’est incorporer. Incorporer le réel comme une indispensable nourriture.
L’enfant est insatiable de ces interminables
festins de sensations. La pensée seule de l’enfant tourne vite à vide. Car ces boulimies sensorielles sont assorties de plaisirs immédiats. Le plaisir ressenti est alors la récompense de l’action entreprise, si modeste, si élémentaire et sensorimotrice soit-elle. Et ce plaisir-conséquence est le moteur d’un désir causal qui va relancer l’action de nos petits maniaques qui vont répéter jusqu’à épuisement de tout leur suc de bonheur leurs petits schèmes de rien du tout. Mais petit schème deviendra schéma, puis équation, puis plan puis création : la boucle sera bouclée, du réel initial, donné, au réel repensé, modifié, amélioré.

Alors soyons bons et généreux avec nos tout petits : Soyons les parents nourriciers de leur intelligence en devenir. Parce qu’aussi précieux que le lait maternel dont ils vont faire les fibres de leur corps, abreuvons-les de ce cocktail précieux de sensations, et de paroles, de mots, dont ils vont tisser les fibres de leur intelligence.

Parlons à nos tout petits, dès leur naissance. Et soyons de bons acteurs qui jouent sincèrement leur rôle mais en n’ayant pas peur d’en rajouter. Soyons enthousiastes pour eux, comme eux. Commentons nos actions, leurs réactions, leur plaisirs ou leurs petits chagrins d’échecs, leurs impatiences. Cette empathie profonde, cette communion dans un plaisir sans doute quelque peu régressif et bêtifiant (vu de l’extérieur), mais en tout cas partagé, c’est cela la signature de la réussite pour un tout petit, un bonheur dont il ne se lasse ni se fatigue jamais.

Le critère est simple : Bébé est heureux, cela se voit, s’entend, se sent. Il en redemande et n’est pas dans un état de trop grande excitation. Il sourit, rit, jubile, frémit souvent de tout son corps, agite bras et jambes pour bien montrer son désir de participer. Sa fatigue, alors, est une saine fatigue sans refus du sommeil qui le saisit soudain. Et soyez sûr que les « jeux », l’action et le plaisir et leur « digestion », leur affinement, leur maîtrise, vont se poursuivre dans les phases de rêves où vous serez quelque peu mêlés.

Demain, en poussette, à cou, - ou à pied si on est déjà grand -, nous sortirons avec Tout Petit et ses aînés déjà en maternelle, et nous irons ensemble dans le jardin, jouer avec les couleurs du printemps.
En attendant, jetez un œil sur cette cueillette de rameaux que Val (4;6) et moi avons faite en pensant à ce qui pourrait bien plaire à un vraiment tout petit.

Un PEI-PE : un Programme d’Enrichissement Instrumental de la Petite Enfance

Le PEI de Reuven Feuërstein est d’abord un programme de sauvetage affectif (reprise de la confiance en soi, restauration d’une image de soi moins dévaluée) et de reconstruction, puis de structuration pour plus d’efficience des potentialités retrouvées.
Il s’adresse donc le plus souvent à des adolescents, à des adultes qui sont des victimes anciennes déjà, qui ont longuement souffert, qui ont accumulé les échecs, les frustrations, les doutes et les renoncements.

Ce dont je rêve, comme je n’ai cessé de le faire - est-ce une utopie ? – c’est d’une action préventive, le plus en amont possible, c’est-à-dire dès la naissance (et même pendant la grossesse et au temps encore plus ancien du désir d’enfant), essentiellement donc pendant la petite enfance, de 0 à 3 ans, au moment où les choses, mine de rien, se précipitent, un temps où les progrès vont à un train d’enfer, où les besoins à satisfaire sont les plus impérieux – et pourtant les plus simples (bonheur relationnel, bien-être et sécurité physiques, stimulations sensorielles…)

Essayons ensemble d’élaborer un PEI-PE, un « Programme d’Enrichissement Instrumental Petite Enfance» - en fait un inventaire pragmatique fondé sur la connaissance théorique et l’expérience de savoir faire et être vécus, éprouvés – un PEI donc adapté à la toute petite enfance.

Le bébé qui vient de naître a déjà des outils qu’il mûrit depuis des mois de vie intra-utérine. A la naissance, il a tout un bagage, tout un équipement de capteurs sensoriels (goût et odorat, toucher, audition, vue) en bon état de « marche » et qui ne demandent qu’à servir, à être sollicités, encouragés, affinés. Tous ces flux de sensations captées et acheminées pour appréciation, analyse vers les 15 milliards de neurones du cerveau, vont être d’abord en quelque sorte subis mais de moins en moins passivement : les réactions vont se diversifier – pleurs, cris, sourires, mimiques – mais aussi et surtout mouvements. Car Bébé n’est pas fait que de capteurs sensoriels, il a aussi tout un équipement neuromusculaire aux ordres – de mieux en mieux obéis - du cerveau. Bébé réagit, Bébé bouge, remue, gigote… et Maman le sait bien depuis son 5ème mois de grossesse…
Ces sensations et ces possibilités motrices – de déplacement donc ( des yeux, de la tête, des bras et des jambes, puis de la main, des doigts) vont peu à peu se coordonner pour « jouer » du monde, des choses du réel, pour manipuler, ce qui provoquera en feedback des flots de sensations nouvelles qui conforteront ou contrediront, d’où peu à peu des « stratégies », des schèmes “prémédités” d’actions successives efficaces sous contrôle sensoriel, des enchainements de petites actions intentionnelles : c’est là que se situe la naissance de l’intelligence.

Etre intelligent c’est d’abord être ouvrier. Gloire et honneur à la main et à l’œil qui la conseille, et au cerveau qui en tâche de fond silencieuse ne cesse de coordonner… et de savourer l’ineffable plaisir qui en résulte en cas de réussite, ce plaisir qui alimentera le désir de recommencer, de varier, d’essayer à nouveau.
L’intelligence naît dans le triangle main - oeil - cerveau. Si la main est déficiente, la mémoire des actions accomplies par d’autres (enfants, adultes de l’entourage…), la “représentation” - le petit cinéma qu’il s’en fait - suffit à l’”intelligence” (la compréhension) du pouvoir de l’action, de l’intention préalable, sur le réel, pour le modifier, l’expérimenter. Si l’œil est déficient, la perception des sensations tactiles venues de la main, du corps, permet au cerveau de se faire une “image” de l’action, ainsi vécue, donc “vue” parce que “sentie”, dans le noir.
Les déficiences sensorimotrices, et même cérébrales peuvent toujours être au moins en partie compensées, contournées. L’intelligence naît toujours de l’emploi de plusieurs “outils” . Si un outillage manque ou est incomplet, on fait avec ce qu’on a. Ce qui est indispensable c’est d’avoir gardé intact le désir d’essayer, d’entreprendre : les bonheurs des petits handicapés pour leurs modestes réussites sont sans doute bien plus intenses que les nôtres, nous qui sommes souvent suréquipés et qui ne savons pas bien tirer le meilleur parti de notre riche dotation. Observez comme votre chien qui vous aime cherche à vous “lire”, à vous “entendre”, et comment malgré son absence de langage humain, il parvient à communiquer avec nous…
Je reviendrai longuement sur ce thème : Le tout petit ne cesse de lire et d’écrire.

Il n’y a de vraie pédagogie que celle du plaisir de la réussite.
Quand on veut éduquer, apprendre, il faut, toujours, savoir donner des occasions de réussites, organiser des « provocations » à agir, à tenter, à expérimenter, et qui ne soient pas des défis impossibles. La vraie générosité du pédagogue est de savoir se mettre au modeste niveau des petits “élèves”, et d’être même assez humble pour partager sincèrement leurs grands petits plaisirs.
Être pédagogue c’est avant tout être un passeur généreux.

Donc apprenons à donner à nos tout petits des occasions de réussites à la portée de leurs sensations et de leur motricité débutantes. Observons, guettons les « jeux » qui marchent, qui plaisent, qu’ils rejouent pendant des heures, des jours, dont ils ne se lassent que quand ils sont mûrs pour de nouvelles étapes. Nos images, vidéos, témoignages peu à peu rassemblés ( et datés par l’âge des « acteurs » ) seront autant de preuves de cette synergie plaisir/désir – jeu/action.

Épanouir pas cher
Images, vidéos, écrits, récits, idées… Montons ensemble pour le mieux-être des tout-petits une « banque » de témoignages en images fixes ou animées, en paroles personnelles ou rapportées, enregistrées ou écrites, une réserve des savoir-faire d’adultes (ou d’autres enfants, de la famille ou non)
Il faut que nos images, nos vidéos, nos témoignages ainsi rassemblés et commentés interpellent et motivent celles et ceux qui nous visiteront par la suite. Il est des images, des récits authentiques, qui valent tous les discours du monde.

Dans un prochain billet, je vous dirai les stratégies que nous pourrions mettre en oeuvre pour mieux “outiller” notre bébé blog, pour le rendre plus efficace - plus intelligent!… - pour les buts que nous poursuivons. Nous essaierons de mettre en place des outils, des procédés de collecte d’images, de vidéos, de témoignages.

Je termine par un appel:
Je recherche un document de 4 à 5 pages ronéotées que j’ai eu il y a bien longtemps, que je ne retrouve plus - je suis excellent en désordre…
Ce document émanait sans doute de l’UNESCO ou de l’OMEP (Organisation Mondiale pour l’Éducation Préscolaire). L’OMEP créée par des survivants de la seconde guerre mondiale s’est beaucoup préoccupée des progrès à faire de l’humanité et ils ont eu l’intuition que c’était dans le berceaux, dans les maternelles que se trouvait un possible meilleur avenir. Mais dans le contexte de misères et de privations de l’immédiat après-guerre, ils ont été amenés à beaucoup réfléchir à des solutions aussi simples et aussi peu onéreuses que possible pour épanouir l’intelligence des tout petits.
L’une de ces solutions privilégiées, objet de plusieurs congrès mondiaux de L’OMEP est le jeu.
Le document que je recherche donne des conseils en matière de jeux avec leurs tout petits à l’intention des mamans des pays les plus pauvres, les plus “primitifs”, et qui n’ont évidemment pas les moyens d’acheter des jouets, des contrées où le Père Noël ne s’égare pas…
Ces quelques pages nous seraient bien précieuses, elles seraient les bases de notre quête d’occasions de jeux, d’activités pour des enfants de la naissance à 3 ans. Elles disaient aux mamans comment jouer avec leur petit enfant avec des objets de la nature, des galets, des pierres de couleurs et de tailles divers, des feuilles, des noyaux, de simples bouts de bois, sans compter les jeux seul ou à deux avec les mains, les doigts, le corps et les multiples plaisirs sensoriels qu’il peut procurer.
Si nous ne retrouvons pas ce document, nous saurons bien en élaborer un ensemble, et il nous faudra penser à tous ces petits de couleurs et de langues si différentes et qui pourtant, tous, sans exception ont les potentialités des petits blancs. Et bien sûr aussi à tous nos petits de chez nous que la sournoise misère, de plus en plus envahissante, malmène et détruit parfois.
Je vous le disais, ce changement de regard implique un changement de société.