Pensées de jardinier

À Sandisa, qui a tant de respect pour les plantes et la nature

« Vous mes beaux légumes, vous mes bons fruits, vous mes fleurs élégantes, je vous élève avec amour, je vous nourris et vous abreuve généreusement, je vous évite la compagnie néfaste des mauvaises herbes. Je vous multiplie et reproduis en allant le plus rarement possible chez le grainetier, je récupère vos pépins, vos graines et d’année en année, je vous retrouve, fils et filles identiques à leurs parents. Vous mes fruitiers, vous me permettez de vous emprunter des greffons, et miracle, d’un vulgaire sauvageon croît un incroyable clone. Mon jardin, dit-on est devenu comme un musée où des dizaines de civilisations fruitières et légumières en voie de disparition sont préservées, une vraie tour de Babel des odeurs et des saveurs qui sont vos langages infiniment variés. Et du plus humble radis au plus altier des haricots à rames, je vous aime et vous respecte, de la plus modeste pensée au plus parfait glaïeul, je vous admire, du plus sauvage prunier au plus guindé des espaliers, je vous vénère. Vous êtes un peu mes enfants et moi, Michel Lis, le bon docteur saintongeais de toutes plantes, je veille à ce que la terre , votre matrice vous enfante et vous nourrisse au mieux, et chaque soir, quand tombe la nuit, comme à tous les petits, je vous dis en guise d’histoires, pour que vous dormiez paisiblement, sans cauchemars de presse-purée, de sécateur castrateur ou d’Opinel éplucheur, les plus beaux dictons et les plus ferventes prières que mes ancêtres jardiniers depuis le fond des âges contaient à vos ancêtres botaniques et adressaient à leurs dieux agrestes.» James Angibaud.

Une réponse

  1. Comment vous dire merci , pour cette belle envolée qui m’est dédiée?
    Allez, encore une fois , je vous embrasse ami..

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