Il faut sauver la soldate Terre

Les cris de deux vigies
Perdu dans l’immensité de l’océan démesuré, le vaisseau à voiles presque désemparé glisse et se laisse porter par les éléments indifférents des tempêtes : l’air et l’eau. Soudain, un matin, à l’aurore, le cri de la vigie : Terre ! Et chacun des survivants à bord, sent, sait qu’il est sauvé.

Perdue dans l’immensité du cosmos démesuré, le vaisseau Terre presque désemparé glisse et se laisse porter par des forces éternelles de la gravitation universelle. J’imagine qu’il y aurait quelque part – peut-être sur la Lune, notre satellite balancier qui contribue à l’équilibre de notre trajectoire – une vigie qui soudain crie : Vert ! Et chacun des survivants de notre planète reprendrait espoir en entendant ce cri d’une couleur d’espérance et penserait que peut-être il sera sauvé, épargné.

Les écosystèmes qui nous incluent sont indifférents.

  • La tempête se fiche éperdument des détresses à bord du vaisseau à voiles. Si elle parvient à achever son travail de démantèlement, son complice l’océan va engloutir et masquer tout cela, ni vu, ni connu : il n’y paraîtra plus rien. Et on sait maintenant à quel point les fonds marins sont tapissés de pièces à conviction qui pourraient témoigner d’innombrables souffrances individuelles.
  • Notre soleil, les autres étoiles encore plus, se moquent, comme de leur première lueur, du réchauffement climatique qui affecte l’insignifiante planète Terre et de l’éventuelle disparition de bien des espèces qui l’habitent – dont l’humaine.
  • Mais chaque écosystème qu’est une vie humaine encore en équilibre souffre d’être plongée dans de plus vastes ensembles de plus en plus perturbés et nocifs, en interaction obligée avec eux.
    Chaque humain, par son intelligence, par sa sensibilité, par sa conscience perçoit les menaces qui se précisent.

La soldate Terre se bat pour sa survie, elle est en grand péril

  • La banquise se disloque, se dérobe sous les pas des ours. Seuls se réjouissent les navigants qui déjà empruntent le grand passage parcouru jadis par les futurs Indiens venus d’Asie. Il y a toujours de l’argent à faire dans les grands malheurs.
  • Le permafrost (les sols gelés du Canada et le la Sibérie, soit tout de même 25% des terres émergées !) se ramollit sous les habitations qui s’effondrent puisque posées sans fondations bien sûr. Pire, et infiniment menaçant, le permafrost se décompose et libère déjà, et de plus en plus, des réserves colossales de gaz carboniques, de méthane…, qui étaient là fixées par le froid polaire dans les végétations d’antan, du temps où par exemple le Groenland était, comme son nom l’indique encore, le « Pays Vert »
  • L’eau douce des glaciers et des calottes glaciaires qui fondent à une vitesse jamais imaginée, se mêle aux eaux marines polaires, diminue leur salinité et empêche les courants marins chauds de plonger pour retourner au ras des fonds marins se réchauffer entre les tropiques. Si ces radiateurs écologiques que sont le Gulf Stream et El Niño, ralentissent, pire s’immobilisent, nous saurons très vite ce qu’est une vague de froid catastrophique. Nous en avons déjà eu d’ailleurs quelques avant-goûts récents, à titre d’avertissement sans grands frais sans doute…
  • Le niveau d’ensemble des mers s’élève. Aux Maldives, la Terre a les pieds dans l’eau, plus que de raison.
  • Partout le réchauffement est enclenché, les faunes, les flores se modifient, à mesure que gagnent la chaleur et les déserts. Les premiers réfugiés climatiques commencent à migrer.
  • Nos fragiles écosystèmes humains sont malmenés et doivent faire un violent effort d’adaptation aux nouvelles donnes environnementales. De nouveaux ennemis se révèlent, plus “virulents”, les allergies et les cancers se multiplient.

La « patrie », notre « Home » est en danger. Il faut décréter la levée en masse.
Déjà les volontaires se précipitent, la résistance s’organise.
Certes on manquera de tenues vertes. Tout le monde n’a pas l’exacte nuance, ni même souvent le métrage suffisant. Mais un changement de veste peut suffire pour qu’on se reconnaisse… et on peut mener sans uniforme de justes combats.
La polémique sur l’influence de « Home » sur le reflux rose et la poussée verte me paraît bien stérile. Tant mieux si les consciences environnementales s’éveillent.
Ce « mouvement », cette lame de fond étaient en marche.
Déjà, nous avons été bien sensibilisés par quantité de documentaires (sur Arte, la 5, Planète bien sûr). Al Gore, Jean-Paul Jaud ne sont pas pour rien dans cette prise de conscience qui se révèle.
L’énorme coup de gong à l’échelle planétaire justement de Yann-Arthus Bertrand, est arrivé à point nommé pour faire virer au vert quelques cutis surchauffées, pour rendre nos oreilles et même nos cœurs réceptifs à de tels propos.
Le climatologue glaciologue Jean Jouzel, (prix Nobel de la paix avec Al Gore, et qui donc doit savoir de quoi il parle…), vous a sans doute effrayés quand, au début du débat avec Yves Calvi qui suivait la projection de « Home », il a commenté avec un petit sourire les actuels excès climatiques : « Mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attend… »
On pourrait rêver : « Quand l’écologie s’éveillera » (et il semblerait qu’en Chine ce soit maintenant une préoccupation très réelle).
Les consciences sont prêtes. Sans doute faut-il encore un déclencheur d’envergure planétaire pour lancer cette mobilisation générale qui transcende les nations. Nous sommes tous dans le même vaisseau, dans la même galère
Comme dit je crois Y-A Bertrand « On n’a plus le temps de l’hésitation », ni des querelles et des tergiversations. Il y a pour tous, pour chacun de nous au moins des urgences comportementales. Ce pointillisme vert finira par faire de proche en proche de belles zones plus résistantes et en partie immunisées.
Je ne serais pas surpris de voir le Président Obama dans ce rôle de missionnaire inspiré et sincère. Il a déjà su mettre avec beaucoup de doigté et d’intelligence persuasive des points sur des i islamiques, israéliens… Il saurait sans aucun doute donner du poing sur la table sur ce thème des périls écologiques.

Le devenir de nos tout petits devrait largement suffire à nous motiver.
Car s’il est malheureusement vrai que nous n’avons que 10 ans devant nous pour sauver cette malchanceuse soldate-planète Terre, nos tout petits de maintenant (juin 2009) ne seront encore que collégiens  au terme de cette sorte d’ultimatum !
il faut donc que sans tarder, tout de suite, sans état d’âme, nous nous attelions, tous, chacun de nous dans la limite de ses influences possibles sur l’environnement commun, à cette remise en question de tous nos comportements, de la gestion de nos poubelles domestiques à nos consommations de produits et de services. Et même s’il n’y avait pas lieu de tant s’alarmer, notre Terre et tous les écosystèmes qui lui sont liés seront gagnants.
Si nous n’avons pas vraiment peur pour nous, ayons au moins quelque inquiétude pour l’avenir de nos enfants, de nos petits-enfants, pour les plus jeunes d’entre eux qui sont les plus dépendants et les plus vulnérables.
Permettons à nos tout petits de grandir un peu sur une planète où nous aurons fait un peu de ménage et pris quelques bonnes habitudes.
Je suis persuadé que ce sont eux, les plus faibles mais aussi les plus concernés, qui fourniront les bataillons les plus vaillants, les plus motivés de cette guerre étrange que nous allons être obligés de mener contre des décennies de comportement aberrants, de crédulités navrantes.
J’ai déjà dit dans ce blog ma très grande confiance en nos enfants.


Laisser un commentaire