Les bons coups d’un gourou, se sont vos coups durs à vous.
Spécialistes émérites des dérives sectaires, il est des gens qui sont en permanence à l’affût de vos défaillances, de vos angoisses.
Soudain, le destin mauvais vous inflige une épreuve particulièrement cruelle, d’ordre social (perte de travail), familial (séparation, deuil), médical (maladie grave, détresse psychique),…
Ils sont là, alors, et vous proposent leur aide, la seule efficace, et qui exige qu’on fasse table rase de tous les secours habituels qui ont pourtant fait leurs preuves. Et vous sous sentez si menacés dans votre existence-même, dans votre vie sociale…, que vous êtes pris de doute et en même temps saisi d’un fol espoir superstitieux ou quasi religieux : « Et s’il avait raison ? Pourquoi ne pas essayer ? »
Seulement, voilà, ces gens sont exclusifs : ce sera eux et personne d’autre, leurs seules prescriptions – que dis-je ? – leurs ordres, leurs injonctions, leurs chantages, leurs menaces. Avec eux il faut avoir la foi, la foi en eux seuls, en leur « école », en leurs écrits, en leurs séminaires…
Le pervers sadique harcèle, se repaît du malheur, de la souffrance de sa victime. Mais cette douleur, c’est lui qui l’inflige, la distille savamment et sournoisement, tout proche, et aimable, prévenant… Et il ne tire pas de profit matériel de la détresse infligée.
Le gourou, lui, ne se donne pas le mal de créer le mal, il guette les opportunités, et elles sont nombreuses en ces temps de crise.
Les gourous, les responsables de sectes, sont de remarquables sociologues, toujours dans le vent du malheur social.
Leur absence de scrupules leur permet un flair incomparable pour détecter les misères, les détresses en cours et leur donne le « génie » de savoir les exploiter
Le harceleur vit psychiquement du malheur qu’il inflige.
Le gourou, vit matériellement de ses bons coups.
Car, un gourou, ça a un coût. Toujours, et sans mesure, si possible jusqu’à votre ruine avant votre possible disparition. «Ce sont des pompes à fric » – entendu ce 19 mai dans « C dans l’air ».
Pour faire le point, je vous invite à revoir, réécouter attentivement l’émission « C dans l’air » d’hier 19 mai :
« Sectes, les gourous nous guettent »
Une excellente base de documentation sur les sectes, sur Wikipedia.
Nos tout petits seraient-ils menacés, eux aussi ?
Bien sûr, et d’autant plus qu’ils vous sont plus chers que rien au monde, et que toute la constellation familiale est prête à se liguer contre le malheur : quelle manne financière en perspective pour le gourou !
La menace est souvent indirecte.
Le membre de la famille mis en dépendance par un gourou, un mouvement sectaire, est comme “absent”, “ailleurs”, pris par ses angoisses et ses nouvelles obligations, souvent disparu physiquement, enlevé en quelque sorte, et difficilement récupérable, car il [lui] faut alors rompre ces liens puissants d’un espoir fou qu’on a su tisser autour de lui, non pas comme un cocon, mais comme la prison d’une araignée.
Comme une addiction à une drogue dure, l’emprise sectaire finit par déstructurer et parfois détruire ses prisonniers. Et les victimes collatérales sont nombreuses, les enfants en particulier, qui ne reconnaissent plus (ou ne voient plus, sans raison – secret de famille) leur maman, leur papa.
Ne devenons tout de même pas paranos !
Aussi spectaculaires et médiatisés soient-ils, les gourous et apparentés, et leurs sectes, mouvement, chapelles, écoles… sont une infime minorité. Mais une minorité à ne pas négliger.
Le silence et la solitude sont les meilleurs alliés de ces gens-là.
La parole, le parler vrai, à tous, entre tous, dans une famille, dans un groupe social, aux plus jeunes et même aux non parlants, ceux qui ne parlent pas encore ou ne parlent plus, voilà le plus puissant antidote à ces dangers.
Parlez, parlez encore à tous ceux de votre famille, de votre entourage, ceux que vous côtoyez, et que vous savez, que vous sentez vulnérables : les plus jeunes, les adolescents, vos adolescents et ceux qui vous sont confiés. Parlez-leur, et écoutez-les si par chance ils se manifestent, qu’ils sachent que vous êtes ouvert, disponible éventuellement, que vous comprenez qu’ils puissent avoir [eu] des faiblesses, des tentations, de fallacieuses confiances.
Une société où de pareilles dérives sectaires ont tendance à se multiplier, à profiter de ses crises, est sans aucun doute en danger.
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