ToutPetits-Jeux (TpJx) : Jeux de rien, jeux de tout
18 avril 2008 — toutpetitsRelisons d’abord cette page « Jouer avec rien, jouer avec tout », et celle-ci aussi, déjà plus pratique : « Des intentions à l’action »
Cette page de rien contient tout l’essentiel de ce dont il faut être persuadé : L’intelligence d’un petit d’homme se construit dès la naissance, et sitôt que la main devient capable de tenir et que le regard se coordonne pour profiter des trouvailles de la main et des manipulations, le déjà formidable cerveau est envahi de sensations visuelles, tactiles… que tant bien que mal - mais en tout cas de mieux en mieux à mesure des tâtonnements - il analyse, coordonne, mémorise. C’est dans ce triangle main / œil / pensée que se sont forgés, que se forgeront tous les génies de l’humanité, passés et à venir. Cela va durer jusqu’à l’adolescence : alors le cerveau tout puissant, fort de son vécu concret, saura se passer de la main et de l’œil (sinon pour mémoriser par écrit le cheminement de ses hypothèses). C’est alors que le « tu vois ? » prend toute sa valeur de représentation.
Mais dès les tout débuts de la préhension, du déliement digital et de la coordination oculomotrice, étymologiquement, déjà, comprendre c’est prendre avec soi.
Comprendre c’est incorporer. Incorporer le réel comme une indispensable nourriture.
L’enfant est insatiable de ces interminables festins de sensations. La pensée seule de l’enfant tourne vite à vide. Car ces boulimies sensorielles sont assorties de plaisirs immédiats. Le plaisir ressenti est alors la récompense de l’action entreprise, si modeste, si élémentaire et sensorimotrice soit-elle. Et ce plaisir-conséquence est le moteur d’un désir causal qui va relancer l’action de nos petits maniaques qui vont répéter jusqu’à épuisement de tout leur suc de bonheur leurs petits schèmes de rien du tout. Mais petit schème deviendra schéma, puis équation, puis plan puis création : la boucle sera bouclée, du réel initial, donné, au réel repensé, modifié, amélioré.
Alors soyons bons et généreux avec nos tout petits : Soyons les parents nourriciers de leur intelligence en devenir. Parce qu’aussi précieux que le lait maternel dont ils vont faire les fibres de leur corps, abreuvons-les de ce cocktail précieux de sensations, et de paroles, de mots, dont ils vont tisser les fibres de leur intelligence.
Parlons à nos tout petits, dès leur naissance. Et soyons de bons acteurs qui jouent sincèrement leur rôle mais en n’ayant pas peur d’en rajouter. Soyons enthousiastes pour eux, comme eux. Commentons nos actions, leurs réactions, leur plaisirs ou leurs petits chagrins d’échecs, leurs impatiences. Cette empathie profonde, cette communion dans un plaisir sans doute quelque peu régressif et bêtifiant (vu de l’extérieur), mais en tout cas partagé, c’est cela la signature de la réussite pour un tout petit, un bonheur dont il ne se lasse ni se fatigue jamais.
Le critère est simple : Bébé est heureux, cela se voit, s’entend, se sent. Il en redemande et n’est pas dans un état de trop grande excitation. Il sourit, rit, jubile, frémit souvent de tout son corps, agite bras et jambes pour bien montrer son désir de participer. Sa fatigue, alors, est une saine fatigue sans refus du sommeil qui le saisit soudain. Et soyez sûr que les « jeux », l’action et le plaisir et leur « digestion », leur affinement, leur maîtrise, vont se poursuivre dans les phases de rêves où vous serez quelque peu mêlés.
Demain, en poussette, à cou, - ou à pied si on est déjà grand -, nous sortirons avec Tout Petit et ses aînés déjà en maternelle, et nous irons ensemble dans le jardin, jouer avec les couleurs du printemps.
En attendant, jetez un œil sur cette cueillette de rameaux que Val (4;6) et moi avons faite en pensant à ce qui pourrait bien plaire à un vraiment tout petit.









