Sagesse animale
16 mars 2008 — toutpetitsLes animaux plus sages que les humains.
« Pour survivre, ils n’ont pas besoin de donner un sens à leur vie. Il leur suffit de régler les problèmes du temps et de l’espace présents pour vivre en paix, équilibrés »
« Lorsque l’animal connaît une souffrance psychique momentanée ou répétitive, les circonstances l’éliminent rapidement. »
« Les animaux m’apprennent que la folie est un fait naturel. C’est la conscience de la folie et ses avatars culturels qui la transforment en fait anthropologique. »
(Boris Cyrulnik « Mémoire de singe et paroles d’homme »)
Il est courant d’entendre dire que les animaux ne ressentent pas la douleur. Disons plutôt qu’ils savent d’instinct que poussés les premiers cris réflexes de douleur intolérable, il est indispensable de retrouver au plus vite une conscience et une vigilance suffisantes et qu’il est nécessaire de consacrer toute son énergie à sauver ce qui peut l’être, parer au plus pressé, se traîner jusqu’à un abri provisoire, se lécher, surtout se taire pour ne pas se trahir en pareille situation de faiblesse, s’économiser, récupérer.
En tout cas, ils ressentent avec une acuité aussi vive que nous la douleur psychique. Il suffit d’entendre leurs gémissements de détresse quand ils se croient ou se savent abandonnés, de voir leur expression défaite quand ils sont malheureux pour ne pas douter qu’ils éprouvent les mêmes douleurs morales fondamentales que nous : la peur, l’abandon, le rejet et même des nuances comme le mépris, la moquerie…
A contrario, leur bonheur est indiscutable quand ils retrouvent la sécurité affective. Ils nous demandent bien peu, avant tout cette constance dans notre amour dont ils ne se lassent jamais, eux qui ne nous jugent pas sinon à travers leur souffrance, qui ne remettent jamais en question leurs allégeances, leurs affiliations premières.
Il faut chez un compagnon humain vraiment beaucoup de sadisme, beaucoup d’attitudes incohérentes, pour qu’un animal renonce à ses premiers attachements. La rupture, l’inconstance sont toujours du côté le plus “civilisé”.
Le langage des animaux.
On croit communément que Bon-Chien ne parle pas, ni Beau-Chat. C’est faux, archi faux ! Petit-Bout sait bien que les animaux parlent et savent lire. A leur façon bien sûr.
Oui, Bon chien sait lire : il sait déchiffrer ce qu’il est essentiel de savoir pour bien vivre et survivre quand on est un chien, pour se comporter comme il faut pour rester avec Petit-Bout, le garder et être gardé par lui. Bon-Chien lit couramment et infiniment mieux que Petit-Bout dans le grand livre des odeurs, dans l’encyclopédie des saveurs, dans le quotidien des senteurs, dans les mille nouvelles des parfums qu’apporte le moindre souffle.
Et ce que Bon-Chien et Beau-Chat ont à dire, ils le disent clairement, sans la moindre ambiguïté, sans la moindre tromperie. Si nous comprenons mal le message, c’est que nous sommes dyslexiques ou inexpérimentés dans leur langage.
« La dimension humaine réside là aussi : maîtriser nos communications pour mieux les travestir. Se leurrer soi-même. Les animaux ne savent pas mentir. » (Boris Cyrulnik « Mémoire de singe et paroles d’homme »)
Il est d’ailleurs remarquable que, comme à leurs propres Petit-Bout, les chiens et chats pardonnent beaucoup aux Petit-Bout humains qui ne savent pas encore comprendre leur éloquent « Mais tu me fais terriblement mal, toi, en t’accrochant à mes oreilles, et toi, en me tirant la queue ! » Supérieurs et indulgents, Beau-Chat et Bon-Chien préfèrent s’éloigner, s’ils le peuvent, de leurs innocents bourreaux. Mais ils n’ont pas cette héroïque patience avec les adultes dont ils savent qu’ils savent, et chez qui ils repèrent vite les ambivalences d’allure sadique.









