L’intelligence des tout petits est soluble dans la misère

Oui, hélas, l’intelligence des tout petits, leur merveilleuse intelligence potentielle résiste mal à la misère :
La misère matérielle, et sans doute plus encore la misère affective, relationnelle, quand elle touche, dans les premières semaines, les deux partenaires de cette construction, Bébé et Maman.
Et cette vulnérabilité de l’intelligence en construction persiste tout au long des 3 premières années.
Si le climat, de la naissance à la fin de la 3ème année, a été suffisamment serein, soyez sûrs que le tout petit aura suffisamment appris à « lire » le monde heureux qui l’entoure et à agir sur lui pour le maîtriser, et qu’il aura fait provision d’assez de forces et de désirs pour poursuivre sa conquête du savoir.

La misère matérielle est la plus facile à voir, à repérer. Elle est même, en ces temps sans scrupules, de plus en plus répandue et diversifiée… Et pas seulement dans les contrées lointaines : elle est là, chez nous, à nos portes, dans nos villes et dans nos villages, dans nos vies qu’elle grignote déjà ou qu’elle lorgne. Qui peut maintenant se dire à l’abri de la pauvreté la plus violente, exempté de souffrance, dispensé de vigilance ?
Notre première qualité relationnelle doit être la solidarité, la non indifférence. Car, en plus, la misère se cache, les pauvres ont cette dignité de faire face tant bien que mal, de sourire et même de rire de leurs épreuves. Et c’est dans les villages, dans les hameaux les plus reculés, que les travailleuses sociales découvrent parfois les détresses les plus profondes.

La misère affective est moins évidente, il faut savoir « lire » sur les visages, interpréter les silences, l’inaction, le repli, l’absence ou le manque de communication entre la maman et son bébé.
La maman, au retour de la clinique d’accouchement, se sent soudain comme abandonnée – surtout si papa va travailler – quand elle se retrouve seule avec son tout petit bébé et l’énorme responsabilité de cette petite vie. Sans compter qu’elle est souvent épuisée physiquement et émotionnellement et qu’elle aurait bien besoin d’aide et de repos pour se remettre. Et si c’est son premier bébé qu’elle a là, hurlant dans ses bras, elle se sent terriblement incompétente. « L’adaptation physique de la mère après la naissance dure plusieurs semaines. Cette adaptation va épuiser ses ressources, tant physiques qu’émotionnelles, et très souvent va l’empêcher de bien dormir, de manger convenablement, de contrôler ses émotions. Beaucoup de jeunes mères m’ont avoué que durant les premières semaines où elles se retrouvaient chez elles, elles avaient tout le temps envie de pleurer.» (T. Berry Brazelton « Trois bébés dans leur famille, Laura, Daniel et Louis »)

Dès sa naissance, le bébé entre en relation avec sa maman, avec son papa, il les connaît, il les reconnaît (odeur, voix…). Le jeune père est toujours bouleversé quand il découvre qu’il a le pouvoir d’apaiser ce petit être tout nu qui se love contre lui et tout aussitôt cesse de pleurer, parfois même le regarde, parfois saisit et ne lâche plus le doigt qu’il lui donne. Cette montée de l’amour paternel – ou maternel – est sans doute aussi forte que le sentiment de sécurité, la plénitude tranquille qui emplit soudain le tout petit.
Il est évident qu’il faut un minimum de quiétude affective, matérielle pour que débute cet « attachement » si sécurisant pour le bébé – et si bénéfique pour les parents. Et il y a là assurément quelque chose d’animal - donc de très fort et de très durable – dans ce phénomène de l’attachement. John Bowlby, s’inspirant des travaux de l’éthologue Konrad Lorenz, affirme que le petit d’homme a 5 compétences génétiques, (5 savoir-faire innés) qui vont permettre la mise en place des liens si forts de l’attachement à sa mère : sucer (pour téter), s’accrocher, pleurer (ce qui déclenche un élan de protection), sourire, suivre du regard. Boris Cyrulnik, qui est fier de son pragmatisme d’éthologue (lisez son génial premier ouvrage « Mémoire de singe et paroles d’homme »), voit dans les premiers liens de l’attachement du tout petit à sa mère une des sources essentielles des réserves d’énergie résiliente qu’il doit se constituer en vue des toujours possibles épreuves à venir.

Les misères, les détresses, matérielles et morales stérilisent, empêchent ces élans si puissants, plus forts que nous parce que venus du fond des âges, et qui vont lier à jamais les tout petits et leurs mères et conditionner tous leurs progrès futurs.
Oui, l’intelligence, l’épanouissement d’un enfant tiennent à peu de choses. Il suffit de considérer comme une priorité absolue la quiétude dans le métier de mère.
Mais notre civilisation de profit immédiat se moque bien de cet avenir si lointain qu’est la réussite d’une vie qui n’en est qu’à ses débuts. À nous de poursuivre notre effort de sensibilisation, de persuasion des décideurs, et notre aide aux difficultés repérées.

Lire comme on bêche

Je vous propose ici une page d’un essai (inédit) dont le héros est Petit-Bout, pas forcément « Toutpetit », ni toujours malheureux, puisqu’il va de souffrance en résilience.

Ecoles Freinet : l’activité mais aussi la pensée de l’enfant au centre de la pédagogie.
Alain a écrit : « L’enfant lit comme on bêche, et tout l’esprit est au tranchant de la bêche. »
Toute l’énergie intellectuelle de l’enfant est mobilisée par cet effort maniaque de déchiffrement conforme, syllabe après syllabe.
Et cela se voit aux mouvement oculaires de l’enfant, à son empan, à cette bouchée de mots qu’il happe d’un coup d’œil avant de la mastiquer pour lui trouver un sens, une saveur.
Ainsi l’œil de l’apprenti lecteur de ces classes balaye le texte à déchiffrer, largement d’abord comme un provincial chercherait sur le plan de Paris les boucles familières de la Seine belles et douces comme les m et n de maman puis de là repèrerait le I majuscule de la tour Eiffel fort et sécurisant comme papa et le n carré de l’arc de triomphe solide comme M. Maître.
Si la « goulée » est insuffisante, insipide, si son hypothèse de sens se révèle incohérente, l’œil du lecteur élargit sa recherche pour retrouver le fil du sens, puis peu à peu revient à un rythme paisible, sautant d’un groupe de sens au suivant.
Et ce qui est remarquable c’est que la bouche ne lit à voix haute que quand l’esprit a lu c’est à dire compris une suite de mots qui peut se dire d’un trait comme quand on raconte.
Et la bouche sait patienter, respecter ce temps nécessaire à l’exploration oculaire. Et il le faut bien, car l’auditoire du groupe classe est là, vigilant, qui tient à ce que ce qu’il entend signifie quelque chose et soit agréable à entendre, bien lié, bien coulant.

« Le bébé est une personne. » Pour Freinet l’écolier est toujours, plus que jamais, une personne.
Ainsi la pensée de l’enfant qui s’exprime spontanément dans ses textes libres est à la base de l’essentiel de la pédagogie de l’école moderne :
Des textes libres vraiment librement crées – à l’école ou ailleurs, dans le temps scolaire ou non -, sans la moindre sanction des fautes (orthographe, présentation, support…)
Le texte choisi, élu – préféré des camarades de classe – va servir de base au moins à la lecture du jour. Écrit au tableau, il est alors l’objet d’une active recherche collective de sens par le repérage d’indices graphiques (« là ça commence comme maman », « là ça monte et ça descend, c’est sûrement le « fusil » de papa. »…) Ainsi par recoupements, par découvertes successives la connaissance du texte s’enrichit peu à peu et la belle histoire de Jeannot finit par être lue par tous, grâce à tous.
Mais cette lecture est alors une lecture vivante, celle d’une histoire vraie, vécue par un des camarades, et cette histoire est lue comme elle serait racontée, nullement saccadée, syllabée comme le sont forcément les montages phonétiques des méthodes les plus traditionnelles qui concentrent les difficultés de même type et qui se soucient aussi peu du sens que les études musicales de déliement digital se préoccupent d’harmonie.

On critique souvent cette méthode de lecture, dite naturelle, en disant que les élèves savent leurs textes par cœur. Mais en fait, de lecture en lecture, chaque élève finit par avoir tout un livre de lecture. Et ce livre unique, chaque année grossi peu à peu des textes quotidiens imprimés, est rempli d’histoires vécues, personnalisées, qui reflètent les préoccupations et les intérêts réels des enfants de cet âge, de ce lieu.
Car le complément du texte libre est l’imprimerie scolaire.
Chaque classe a son petit atelier d’imprimerie (son ordinateur et son imprimante maintenant), où une équipe renouvelée d’élèves est chargée de composer, d’illustrer puis de “tirer” le texte que l’on vient de déchiffrer – d’élucider – ensemble.
Chaque élève aura le beau texte encore tout frais et le joindra à son recueil personnel et sans doute au prochain colis destiné à la classe des correspondants. Les meilleurs – aux yeux des élèves – pourront être repris dans le journal de la classe ou de l’école que liront les parents.
Parfois c’est tout un roman que le groupe classe compose peu à peu et enverra à ses correspondants et exposera pour la fête de l’école.

Ainsi, on le voit, c’est la pensée même de l’enfant qui est jugée suffisamment respectable et riche pour servir de base à cet enseignement moderne. On comprend aisément que les lecteurs débutants soient plus motivés par « Xavier a ramené un hérisson dans son bonnet » que par « le xylophone de Xavier a été taxé…»
En pratique les petits Sherlock Holmes des classes Freinet se livrent à leurs enquêtes passionnantes pendant les deux premiers trimestres de l’année scolaire. Pendant tout ce temps, ils apprennent peu à peu et de mieux en mieux à repérer les indices signifiants, qui confortent leurs hypothèses, qui élucident peu à peu l’énigme graphique qu’est chaque petite histoire écrite.

Le bébé qui ne parle pas encore est noyé dans un flot de sons, de phonèmes. Et peu à peu il va apprendre à donner du sens à tel bruit, à tel chaîne de mots. Quand maman dit « Hum ! qui c’est qui va manger le bon petit yaourt aux fraises, hein ? », elle fait de la « compréhension globale »; comme plus tard le maître fera de la lecture globale; comme les petits enfants Bach baignaient dès le berceau dans un océan de décibels harmonieux copieusement distribués du matin au soir par les savants musiciens de l’abondante tribu. La règle est générale, que ce soit en lecture, en musique, en comportement relationnel : il faut apprendre à repérer dans de vastes ensembles les indices signifiants, savoir les “lire” pour ensuite oser les “écrire”, c’est-à-dire communiquer.
En fait tout est lecture, puis écriture possible: les textes, les illustrations, les attitudes, le jeu des expressions, la gestuelle, les comportements… : le texte lu apporte à la vue de l’interprète (le destinataire présent), de ses réactions, de celles de l’auditoire (les témoins), d’autres richesses que sa seule lecture à voix basse, qui elle permet par contre des arrêts volontaires, plus d’échos intérieurs et personnels.
Même les petits Bach n’étaient pas dispensés de dures séances de déliement digital et devaient se livrer à des gammes musicales aussi pénibles et insipides que les gammes de graphèmes et de phonèmes du genre « la tata de Toto a tâté le tutu de Titi »
De même les petits « Freinet », durant tout le troisième trimestre consolident leurs acquis un peu aléatoires des deux premiers trimestres, jamais dans le même ordre d’un CP à l’autre, d’un enfant à l’autre d’une même fratrie.
Ils vont alors refaire et très vite les cascades de ba be bi bo bu, cra cre cri… Très vite ils vont comprendre qu’un rien modifie totalement le sens d’un mot, que c’est l’agencement des lettres qui donne du sens au mot et la combinaison des mots aux idées, qu’il y a un monde entre le « pêcheur de poules » et le « lécheur de moules » et que l’imprimeur peut pour seulement deux lettres déplacées aggraver sa première contrepèterie. Ils sauront que le signe n’est rien, que ce qui compte c’est le sens, mais aussi que le sens échappe tant que l’on ne sait pas interpréter les signes ou leurs combinaisons. Que les signes, comme les gênes dans la longue chaîne du génome interagissent les uns sur les autres, que le c par exemple se met à siffler tout seul, d’admiration sans doute, quand il côtoie un e ou un i, mais qu’il lui faut entonner le sifflet de la cédille pour dire son admiration au u ou au o placé à sa droite, et qu’un h après lui le fait chuinter comme une vipère édentée (« Pour qui chont chés cherpents qui chuintent chur nos têtes ? »)… Cette prise de liberté par rapport aux signes est une invite à l’humour, cette précieuse porte dérobée qui s’entre baille dès que le réel devient trop pesant et qu’une bouffée d’oxygène est indispensable pour ne pas étouffer ou suffoquer, ou simplement respirer plus librement.
Déjà, bien longtemps avant l’âge de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, Petit-Bout à qui on a su faire aimer le « doux ramage humain » joue avec les sons, avec le bruit que font les mots et il s’amuse à les déformer, à les tordre sans plus de respect que pour ses jouets, et se tord lui-même, - de rire - quand ce qu’il entend alors révèle un sens tout à fait nouveau ou même un non sens délicieux.

Mais ces héritiers de Freinet ont acquis pour toujours le précieux sens de la lecture : Ils savent qu’apprendre à lire c’est être capable de déchiffrer des écrits, que les écrits ne sont pas là pour faire souffrir les petits du CP, que ce sont des messages que l’on laisse comme une trace de soi, que d’autres vont pouvoir recevoir, reprendre en l’absence de l’expéditeur. Et très vite ils comprennent que les bibliothèques sont pleines de ces messages que d’autres personnes, innombrables, souvent disparues, ont jugé utile de laisser derrière eux.
Oui les innombrables enfants de Freinet et de ses disciples ont acquis le plaisir de lire et d’écrire, et bien plus : de communiquer. La technique utilisée leur donne en même temps le pouvoir lire et le vouloir lire, le savoir écrire pour être lu.
La lecture n’est plus une discipline mais un besoin vite comblé : car dans ces classes la lecture est le versant mental, « représenté », de l’action, l’autre moitié de leur vie.
Chaque lettre d’un texte est un des petits cailloux du Petit Poucet. Mais il ne suffit pas de les suivre à la trace en une ligne toute simple : il faut saisir leur agencement relatif, leur manière de se combiner en ces constellations que sont les mots puis que seront les phrases.

Célestin Freinet a eu le génie de demander à ses petits Ho[l]mes encore apprentis de proposer eux-mêmes leurs petites énigmes, ainsi forcément à leur portée, de faire choisir la plus intéressante à entendre – chaque auteur lit sa petite histoire, la plus intéressante sera élue et ses petites constellations mystérieuses de lettres seront soumises à la sagacité de tous : comment, par quel itinéraire de déductions retrouver le sens caché derrière les indices que sont les lettres, les mots déjà connus, les idées devinées, et pouvoir, quand on a acquis le solfège de l’écriture, retrouver à loisir l’intégralité du petit roman, ne plus se préoccuper que de la beauté ou de l’intérêt du contenu, s’en donner à soi-même une belle interprétation mentale ou offrir aux autres, à voix haute, un beau solo de lecture intelligente ?

Écologie familiale, sociale…

Tout n’est qu’écosystèmes, jeux de forces en interaction, en interdépendance, tout n’est que tensions et ruptures d’équilibres pour de nouveaux ajustements, de nouveaux équilibres provisoires sans cesse remis en question.
De l’infiniment grand à l’infiniment petit : L’univers, tout système planétaire, notre bonne vielle Terre et son balancier, la lune ; la vie sur terre, animale, végétale ; la société des humains, un groupe de babouins et son environnement ; la vie biologique de chaque individu ; la vie affective d’un homme, d’une femme, d’un enfant ; la vie relationnelle d’une famille, d’un groupe social ; un système d’idées, une langue, une économie, l’énergie, un climat…

Rien n’est jamais seul et isolé, toute vie, toute création dépend d’autres existences : la mort des virus qui nous envahissaient assure notre survie ; un peu de pouvoir d’achat en plus peut être une embellie dans notre microclimat familial ; une nouvelle théorie peut enrichir une culture ; un compliment justifié est un rayon de soleil qui toujours vivifie et fait croître la confiance en soi ; les épreuves à répétition, le harcèlement, génèrent les trop-plein de souffrance qui emportent les digues des compensations, une petite enfance heureuse fait lever les germes des futures forces résilientes.

Un tout petit qui naît, c’est tout un écosystème qui vient au monde, qui cherche, qui doit, qui va, tant bien que mal, trouver sa place, s’insérer, s’intégrer dans nos écosystèmes ; un écosystème qui a sa programmation (avec tout de même quelques degrés de liberté, d’imprévisibilité), qui aura donc son style, sa manière semblable et pourtant unique d’interagir avec les autres.

Ce merveilleux écosystème préprogrammé par le génome humain va bouleverser l’écosystème affectif de la maman, modifier celui de la cellule familiale, et sans doute de toute la société - chaque tout petit [papillon] a son effet – et dans les premiers temps de sa frêle existence, il va se créer un écosystème fusionnel Bébé/Maman qui aura quelques semaines durant son autonome, sa vie propre, égocentrique, son microclimat amoureux, et qui aura besoin de pouvoir se lover dans un climat affectif et matériel, enveloppant, protecteur, vivifiant et sécurisant, sans perturbations trop violentes.

C’est dire combien une écologie de la famille, de la société sont nécessaires à l’écosystème du tout petit qui vient de naître.
Bien sûr, nous en reparlerons. En attendant, lisez entre autres « Le macroscope » de Joël de Rosnay et jetez un œil ici.

Pour « nettoyer » vos relations familiales et sociales de bien des tensions mauvaises, prenez l’habitude que l’on pourrait dire écologique de méta communiquer :
La méta communication, c’est un dialogue, des échanges libérés d’une grande partie de leur charge émotionnelle devenue trop forte. C’est prendre de la hauteur, du recul, se déprendre de la mêlée confuse des reproches assénés.
C’est communiquer sur la communication, c’est un échange verbal, sur les échanges de plus en plus virulents et stériles qui viennent d’avoir lieu, c’est la relecture d’un mauvais scénario :

Pour parler simplement, c’est par exemple, que l’un de ceux qui s’emportent dise sagement :

« Mais qu’est-ce qui nous arrive ? Comment en sommes-nous arrivés là, à nous disputer, à nous déchirer ainsi ? Revenons en arrière, essayons de retrouver dans l’enchaînement des répliques, dans notre escalade verbale parallèle, le moment, le mot qui a tué la discussion. Essayons de reprendre calmement à partir de ce virage dangereux… »

Et soyez sûrs que vous pouvez parler ainsi à des enfants, que cela les structure, que vous leur donnez alors la preuve évidente que vous les respectez, que vous les considérez comme des interlocuteurs doués de raison et de bon sens. C’est une des meilleures façons d’apaiser une rivalité fraternelle, de solutionner un refus d’obéissance (il peut y avoir eu abus de pouvoir de l’adulte…)
Voyez ceci à propos de la méta communication et retenez l’essentiel, qui vaut pour tous les échanges trop tendus (y compris je pense quand l’un se tait « j’aimerais t’entendre, car je sais que tu peux nous apporter beaucoup »)

Méta communiquer, c’est échanger sur sa propre communication au niveau du contenu ou au niveau de la relation. Ex :
« Si je te dis ça, c’est parce que je t’apprécie. », j’explique et justifie le pourquoi de ma communication. En tapant sur un verre pour obtenir le silence, je « méta communique » que je souhaite communiquer quelque chose.
Perturbation possible :
Ne pas méta communiquer, ne pas prendre de recul, risque de laisser la communication s’enfermer dans le conflit. Il faut savoir dire : « Il y a quelque chose qui ne va pas. ».

Un des penseurs de l’École de Palo Alto fut Paul Watzlawick

Jouer avec rien, jouer avec tout

Vous avez remarqué combien souvent je vous ai parlé du « jeu » chez le tout petit.
Ce jeu par lequel l’enfant se construit, n’a rien à voir avec le jeu formel défini par Roger Caillois « Les jeux et les hommes » (Gallimard 1957) qui est, entre autres caractéristiques, improductif, réglé, fictif (Cf Wikipedia ).
Remarquons que le joueur, pris dans un réseau de règles, de conventions, s’abstrait du monde réel, le jeu étant alors vécu comme un moyen efficace d’oublier, justement, un réel trop dur ou pour le moins ennuyeux.
L’enfant, lui, dès sa naissance, et même avant, joue avec le réel, ne cessant de le soumettre, pour le faire « bouger », pour introduire « du jeu » dans un bloc apparemment impénétrable, » insaisissable », sans lois, sans organisation. Par le jeu, l’enfant, lui, ne s’abstrait pas du monde, il y entre.
Le bébé, le tout petit ne cesse de jouer avec ses outils de conquête, de compréhension que sont ses perceptions sensorielles. Sa mémoire, déjà, est essentielle, elle enregistre des “effets” liés à certaines « activités » perceptives, sensori-motrices - les toutes premières notions de causalité ne viendront que de la conscience de la régularité possible de ces effets, de leur reproductivité pour ainsi dire accidentellement ressentie, reconnue, puis peu à peu intentionnelle (habitudes, activités intentionnelles)
Le tout petit joue avec rien, en fait avec tout ce qui peut lui procurer des sensations.
Le tout petit n’a pas de jouets. Pour lui tout est jouet, tout est source de sensations, le cordon ombilical qu’il saisit, les parois de son domaine utérin contre lesquelles il se tapit quand maman ou papa tapote, l’appelle, le liquide dont il se régale (mais pas toujours, le menu de maman laisse parfois à désirer…). À sa naissance c’est le monde tout entier qui l’assaille, qui semble se jouer de lui, le noyer sous un flot de sensations sans liens. Heureusement, il a très vite grâce à maman reconnue, quelques repères olfactifs et auditifs : sa peau donne à Bébé des sensations oh! combien plus fortes, et cependant de même nature, grâce aux caresses et surtout au merveilleux bain. Et Maman lui assure des moments de quiétude heureuse. Sans compter les longs temps de sommeil, où déjà, par le travail du rêve, le tout petit, comme nous « révise » le monde vécu pour le rendre plus acceptable.
Et très vite, déjà, ce tout petit de rien du tout est plus fort que le monde, parce qu’il commence à le « saisir ». Et cette conquête, ce jeu d’énigmes toujours renouvelé durera tant que se maintiendront les moteurs que sont la curiosité, le désir d’essayer, de chercher pour ressentir, bientôt pour trouver, alimenté par le bonheur des réussites.

Au temps des expériences, de l’intelligence sensori-motrices (de la naissance à 18/24 mois), puis à celui des opérations concrètes (de 2 à 11/12 ans), toute la construction de l’intelligence se joue dans cette relation triangulaire interactive action-sensations/perceptions, analyse/mémorisation.
La main et le cerveau sont les deux outils essentiels, tous deux agissent, l’un en « représentation », en anticipation d’une stratégie à maîtriser, ou à affiner, ou a renouveler (invention, découverte), l’autre en essais, tâtonnements, vérifications, répétitions… Entre main et cerveau, les organes des sens ne sont que des agents – indispensables (mais leurs déficiences peuvent être compensées) - de renseignement, de transmission des ordres et des informations qui « remontent » en feedback.
Feuërstein a bien mis l’accent sur l’importance de ce travail mental de la « représentation » qui permet de « rejouer » de mémoire l’expérience, les tâtonnements récents : Cette stratégie du savoir attendre « je réfléchis une minute » évite l’impulsivité brouillonne qui mène tout droit au désordre extérieur et interne.
Notons bien toutefois que cette manipulation mentale des objets ne peut se faire qu’à partir des manipulations concrètes et très peu de temps après ou avant : en d’autres termes, jusqu’à l’entrée au collège – il y a bien sûr des exceptions – l’enfant doit toucher, déplacer, ranger, classer, tâter, tâtonner jusqu’à ce que jaillisse une idée, ou tout simplement une sensation, une impression mémorable, qui vaille la peine d’être « enregistrée » et qui méritera d’être reproduite en raison du plaisir (ou de la satisfaction – on grandit ! -) qu’elles produisent.

Cette fonction de « représentation », (la fonction sémiotique ) cette aptitude aux symboles, au cinéma mental, et qui commence très tôt, est sans aucun doute, avec l’utilisation de codes (l’écriture entre autres, qui permet de communiquer à distance) assure la supériorité de l’homme sur l’animal, le petit enfant découvrant aussi très vite qu’il a une pensée autonome de celle de l’adulte qui ne “lit” pas tout et qu’il peut éprouver les sentiments, vivre en partie ce que pense l’autre - c’est le début de l’empathie, cette faculté éminemment sociale de se mettre dans la peau des autres.

À partir de 11/12 ans, la puissance du génome humain permet des manipulations sans objets concrets : l’enfant, l’adolescent « jouent » avec des idées abstraites, des « inconnues » et autres variables mathématiques : Ces manipulations mentales aboutissent à des hypothèses qui sont des essais d’explications, de lois de l’organisation possible du réel. À partir de ces hypothèses de lois, le cerveau pense, imagine, déduit des applications qui pourront être vérifiées par d’autres opérations hypothético-déductives mais aussi par des expériences en laboratoire où on retrouve souvent la dure résistance du réel qui impose la révision des hypothèses initiales.

Le petit animal lui ne « joue » dans son enfance que les activités qui seront essentielles à sa vie et à sa survie. Dès qu’il aborde l’âge adulte, il répète, par imitation, les « jeux » sociaux de son groupe, il s’entraîne par ces jeux à sa future intégration sociale. Quand il est intégré, fini de jouer gratuitement, pour le plaisir.
L’animal adulte n’a plus guère besoin de chercher, il a tout trouvé, il ne cherchera plus. Mais il est condamné à rester en groupe, il ne peut communiquer qu’à portée de regard ou de cri.
L’homme lui a inventé l’écriture. Même en prison, il peut continuer à chercher et à trouver.

Revenons au jeu de notre tout petit qui n’est pas encore au collège…
Seul, ou avec papa, maman…, ou avec ses aînés, il va jouer, il doit jouer. Le médecin consulté observe ou demande toujours s’il joue. S’il ne joue pas, notre tout petit est malade ou déprimé.
Plus les jouets seront simples, meilleurs ils seront.
Rappelez-vous ce document de conseils de l’UNESCO ou de l’OMEP que je cherchais… et n’ai toujours pas retrouvé : il était destiné aux populations les plus pauvres (de chaque continent) et suggérait aux mères des activités de jeux avec leurs tout petits en tirant parti des seules ressources naturelles.
Faisons comme si nous étions démunis de tout, sauf de la nature qui nous entoure et qui nous offre bien des voies d’accès à la compréhension du monde.

Réfléchissons-y, inventons ensemble et photographions.
Associez à cette réflexion les aînés de vos tout petits, les “grands” qui sont déjà en maternelle : vous serez surpris de la variété des idées de jeux et jouets “naturels” qu’ils auront pour leurs petits frères et sœurs. Et s’ils y prennent du plaisir, eux, les grands, ils prendront l’heureuse habitude de jouer généreusement avec les petits et ils sauront apprécier leurs réussites, partager leurs joies et les encourager. C’est très exactement ce qui se passe dans les classes à plusieurs niveaux: les petits sont “tirés” vers le haut et les grands deviennent plus attentifs, plus solidaires.

Tout petits exterminés

Comme sans doute beaucoup d’entre vous, j’ai du mal à me remettre de cette nouvelle plongée dans l’horreur nazie que nous a proposée ces deux dernières soirées France 2.

Et pourtant, ces deux émissions – surtout la seconde pour moi – ont mis l’accent sur le formidable élan de compassion qu’ont provoqué les occupants nazis et leurs complices de l’État français d’alors et sur le prodigieux mouvement de solidarité et d’aide et d’engagement dans la résistance ouverte et dans la résistance silencieuse - à Lignon sur Chambon, c’est tout un « pays » qui a su garder le secret et sauver des centaines de petits juifs.

Oui, un film terrible, mais très sain, car il nous mettait très au-dessus du malaise d’un voyeurisme de survivants, justement parce qu’il montrait bien que le dévouement sublime côtoyait alors, bien plus souvent qu’on ne le pensait jusqu’alors, la froide monstruosité des exécutants et des complices du plan d’extermination.

Car il est magnifique, en France, le bilan de cette solidarité courageuse, de cette résistance « civile » de bénévoles anonymes :
« 76 000 Juifs de France vont disparaître dans la Shoah. Mais grâce à cette mobilisation, et d’abord à celle des Juifs eux-mêmes, 250 000, soit les trois quarts des Juifs résidant en France, (et pratiquement tous les enfants – sauf environ 15000 - ) vont y échapper » Source : http://programmes.france2.fr/resistance/02_sauverjuifs.php

Quelques références sur ce thème :
France 5 http://www.lezappingdupaf.com/article-16493842.html
Le génocide des Juifs, la Shoah http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah
L’idéologie qui a engendré le génocide, le nazisme http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazi
France 2 et France 5 http://www.isubway.fr/content/view/1267/152/
Ouest-France (Christophe Nick, le réalisateur) http://www.ouest-france.fr/Christophe-Nick-la-Resistance-au-coeur-/re/actuDet/actu_3639-563035——_actu.html

Revoir le 2ème épisode de Christophe Nick « “Quand il fallait sauver les juifs”) sur le site de France 2 :

Présentation du 2ème épisode – une sorte de chapeau qui débute le film) (Voir les images mais aussi le textehttp://programmes.france2.fr/resistance/02_sauverjuifs.php
Du texte je retiens :
« Une dizaine d’organisations juives d’assistance se coordonnent Secrètement Dès le 15 juin 1940, à Paris, en zone occupée. Une vingtaine d’associations caritatives, protestantes et juives, se réunissent dans un comité à Nîmes, en zone non occupée, à partir de novembre 1940. Chacune d’elles, avec ses leaders charismatiques, se retrouve en première ligne, dans les camps d’internement, les orphelinats, les soupes populaires, pour prendre en charge les persécutés. Elles sont entraînées dans une course contre la mort qui, petit à petit, les oblige à convaincre les forces morales du pays, à pratiquer des activités illégales, à entrer en résistance.

Quand les nazis décident de la solution finale, l’Etat français accepte d’être complice de la Shoah. Les rafles de l’été 1942 condamnent à mort plus de 23 000 Juifs en quelques jours. Le choc dans l’opinion est tel qu’une partie de l’Eglise catholique, poussée par les activistes, sort du silence et, peu à peu, en appelle au devoir de solidarité de l’ensemble de la société. Les associations aident alors des dizaines de milliers de Juifs à se fondre dans la société civile, malgré la chasse aux Juifs lancée par les nazis et Vichy. Les enfants sont la priorité absolue. Une gigantesque entreprise de camouflage commence. 76 000 Juifs de France vont disparaître dans la Shoah. Mais grâce à cette mobilisation, et d’abord à celle des Juifs eux-mêmes, 250 000, soit les trois quarts des Juifs résidant en France, (et pratiquement tous les enfants – sauf environ 15000 - vont y échapper). Cette forme de résistance, méconnue, est pour la première fois présentée dans sa globalité. »

Il sera possible de revoir le film dans sa totalité
http://programmes.france2.fr/resistance/ (voir et écouter Emmanuel Giraud) Ce lien et le suivant (de france2.fr ne fonctionnent que si vous les copiez-collez dans la barre de votre navigateur)

Autres témoignages vidéos
http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoaftPYh.html - iLyROoaft14j
Parmi ces vidéos « Yvonne Hagnauer et Sévres » (un couple d’enseignants qui a sauvé des adultes et des enfants juifs)

Déportation statistiques (QG - Question Google) :
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm
http://www.memorialdelashoah.org/

« 2 - Combien de Juifs furent assassinés durant la Shoah ?
Pour certains pays, des calculs plus précis sont possibles. Ainsi, en France, le calcul est permis grâce aux listes de déportation laissées dans les archives par les Nazis. Ainsi, près de 76 000 juifs de France ont été déportés dans les centres de mise à mort, auxquels il faut ajouter les Juifs morts pour fait de résistance sur le sol national ou en camp de concentration, abattus comme otages , ou encore morts dans des camps d’internement français, soit près de 80 000.
Ainsi, selon l’historien américain Raul Hilberg, 5 100 000 victimes juives sont mortes durant la Shoah. Il affine son calcul en détaillant comme suit la répartition des victimes :
- Morts dans les ghettos : 800 000
- Morts par exécutions (Einsatzgruppen) : 1 300 000
- Morts dans les camps d’extermination : 2 700 000
- Morts dans les camps de concentration : 300 000
Le Museum Holocaust de Washington indique que les victimes juives furent plus de 5 860 000.
Quoiqu’il en soit, le chiffre d’environ 6 millions de personnes est avancé et accepté par la plupart des autorités compétentes sur la question.
De fait, 50 % des Juifs d’Europe furent assassinés et 40 % du judaïsme mondial, alors très majoritairement européen. »

Déportation enfants (QG)
http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/enfants_deportes.htm

Les statistiques (listes de Drancy, par Serge Klarsfeld) :
- Plus de 900 tout petits de 0 à 3 ans (nés de 39 à …44 : 15 bébés de moins d’un an !)
- Au total près de 12000 enfants au moins (dont près de 5000 16-20 ans – la majorité était alors à 21 ans)

« Qu’est-ce que vous faisiez, vous, les enfants, à Auschwitz ? » m’a demandé quelqu’un récemment. « Vous jouiez ? » Jouer ! On était à l’appel. A Birkenau, j’ai été à l’appel, j’ai eu soif et peur de la mort. C’était tout, et rien de plus. » Ruth Klüger, Refus de témoigner Viviane Hamy éditrice, 1997

« Et les bébés ? Si vous en avez le courage lisez ce témoignage de Germaine Tillion sur les sort des bébés nés dans le camp de Ravensbrück (encadré fond jaune ! presque au bas de la longue page) :
http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/enfants_deportes.htm

Importance des forces puisées dans l’enfance – la résilience humaine n’avait pas encore été conceptualisée (J’ai mis les dernières lignes en italique)
« La plupart d’entre nous, nous pouvons être fiers d’avoir mobilisé toute notre énergie, concentré tous nos efforts pour nous rebâtir une vie matérielle et spirituelle, lui redonner un sens, après notre libération et notre arrivée en Angleterre. Nous n’avons pas voulu donner à Hitler l’occasion d’une victoire posthume. Nos parents nous avaient très tôt donné un sens profond des priorités, de la compassion et de la responsabilité envers nos prochains, et cela nous a été d’une grande utilité. Aussi bas que nous soyons tombés, privés de tous restes de dignité humaine, nous n’avons jamais succombé à la corruption. L’idée de vengeance ne nous effleurait pratiquement pas, nous n’étions pas animés de haine ou de fiel. » (Ben Helfgott, originaire de la ville de Piotrkow, en Pologne, âgé de quinze ans à la fin de la guerre.)

Maintenant, lisez cette très belle page « Les enfants des bourreaux sont aussi des victimes », qui porte en exergue cette citation d’Élie Wiesel : « La liberté pour nous sera d’abord de pouvoir pleurer » et qui montre combien il est difficile d’échapper à la culpabilisation et que seul, sans doute, le pardon d’un descendant de victime peut vraiment libérer un descendant de bourreau.
http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/enfants-de-bourreaux.htm

Mais comment évacuer individuellement la culpabilité collective à l’idée que l’humanité a pu faire ça, et, pire, que d’autres génocides se sont produits depuis, tous plus ou moins prémédités - mais le génocide hitlérien est sans doute le plus froidement calculateur ?

Images témoins

Soyons persuadés de la nécessité de ne pas avoir une confiance naïve dans la seule bonne nature , et surtout d’agir, de nous sentir chacun co-responsable du devenir si vite compromis en cas de négligence de ces prodiges de possibles que sont les tout petits.
Oui, il nous faut agir, sur nous-mêmes pour bien nous persuader, nous motiver, et sur les tout petits et leur vécu familial statistiquement de plus en plus précaire.
En plus des échanges d’idées et de témoignages, l‘image, fixe ou animée, sera pour nous un moyen efficace de nous informer et de nous conforter dans nos convictions.

Sur le Web2, Le site flickr est un réservoir quasi inépuisable d’images (2 à 3 milliards en tout, de l’ordre de 3000 nouvelles chaque minute!…). Ces images sont classées en groupes et pools thématiques, plus ou moins partagées et accessibles… C’est galère à configurer!

Je me suis tout de même jeté à l’eau et j’ai tenté de créer un groupe, que j’ai baptisé, vous l’aviez deviné, toutpetits

Dans l’espace de présentation de notre groupe, j’ai écrit ceci, en espérant que ces quelques mots suffiront à préciser nos intentions et qu’ils sauront y motiver des envois d’images nouvelles (des “importations” dit-on dans le monde Flickr), ou de simples déplacements d’images depuis d’autres groupes:

La toute petite enfance de la naissance à 3 ans: Les preuves visuelles des progrès. // Les étapes de ces progrès (premier sourire, première dent, premierss pas…), // Les attitudes, les postures, les gestes, les progrès moteurs…
L’expression visible des sensations, des intérêts, des sentiments, seul ou face à des objets ou en groupe. // La constellation familiale (parents, proches, amis - y compris les animaux) // Les progrès de la socialisation (fratrie, lieux d’accueil)
Éveil des tout petits : stimulations sensorielles, activités provoquées, seul ou en interrelation.
Jeux, jeux, encore des jeux : simples, adaptés, gratuits ou presque.

Inventons des jeux d’objets naturels, pour le tout petit seul ou avec ses aînés ou un ou plusieurs adultes ; photographions ces jeux, l’intérêt et le plaisir qu’ils procurent et partageons ces images qui seront autant de preuves, de démonstrations que “le jeu est le métier [et le bonheur] de l’enfant”.
Participons au blog
www.toutpetits.wordpress.com

Sur le blog lui-même, je place le widget Flickr, un mini programme de WordPress qui sera en “prise directe” avec notre groupe “toutpetits” pour en afficher les images… s’il y en a!

Donc nous allons essayer de “meubler” ce groupe toutpetits d’images choisies par nous dans l’esprit esquissé ci-dessus (en italique et en retrait).
Pour cela il nous faut des outils de transfert d’images (Flickr dit “d’importation”) et éventuellement de traitement de ces images:
Je pense que vous trouverez les infos nécessaires sur cette page Aide/outils

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Un long fleuve tranquille (de 3 à 6 mois)

Rappelez-vous mes tout débuts … et mes cent premiers jours, ici
Ah! oui, j’étais bien peu de choses…
Mais tout de même, je savais soulever ma tête, et quand j’étais en forme je pouvais la tenir droite : très tôt j’ai su sourire, “aux anges” quand j’étais dilaté de bon lait et de bien-être. Mais Maman était toute heureuse, très vite, elle a bien vu que c’était elle que je fixais , que je suivais du regard, que c’était elle qui déclenchait les plus belle risettes, que sa voix, l’odeur de son cou calmait mes pleurs mieux parfois que téton ou biberon - que je ratais quelquefois, ce qui n’arrrangeait pas mon impatience… Les voix et les bruits familiers m’apaisaient mais je n’aimais pas tout ce qui était fort en décibels et inconnu.
Côté réflexes primaires j’ai fait dans ces trois premiers mois de grands progrès avec ma menotte qui est capable de se resserrer - involontairement - comme un petit piège à objets, 4 doigts contre paume. Mais avec mes risettes, ce qui plaisait le plus à Maman c’était mes premiers “gazouillis”, ces petits bruits d’amour auxquelles elle savait si bien me répondre par de belles vocalises en “mamanais”: “aaaa beu, beu, reu… gue…mais il me parle mon petit père! aaaaaaaa…”

De 3 à 6 mois : le petit bolide met le turbo des progrès
Admirez un peu! je coordonne de mieux en mieux mes deux outils essentiels, l’œil et la main et je repère bien les beaux joujoux, le hochet rouge qui en plus fait un si joli bruit. Et ça n’a l’air de rien, mais je l’attrape volontairement et quand on me tend quelque chose d’intéressant, de beau, de coloré, de brillant, moi aussi, je tends la mainMais s’il disparaît, je ne le cherche pas. Et on croyait dur comme fer jusqu’à il y a quelques années que c’était parce que je ne maîtrisais pas pas encore ce que les savants appellent le schème de l’objet permanent. On pensait que mon petit cerveau débutant et inexpérimenté n’avait pas encore compris que les objets existent et demeurent, qu’ils ne se volatilisent pas comme ça sans raison - sans causalité - qu’ils n’apparaissent pas soudain comme au sortir du chapeau d’un magicien. Eh bien, on verra bientôt que dès les premiers mois, je sais, j’ai compris que le monde n’est pas que fantaisie, que la pensée magique a ses limites (sans doute celles de l’imaginaire, du rêve, des symboles… qui seront les merveilleux outils de mes fantastiques progrès à venir).
Pour l’instant, je n’ai que quelques mois et je sais que le hochet est toujours là, quelque part dans le fouillis du berceau, il existe aussi dans ma mémoire par toutes les belles et bonnes sensations qu’il m’a procurées, mon brave cerveau a bien travaillé, il a gravé, enregistré dans quelques sillons, dans quelques circuits - toujours remaniables -, toutes ces déjà si nombreuses expériences, et je sais que ce hochet a quelque chose de permanent, comme les yeux de maman, comme sa voix et son odeur.
Si je ne tente pas de “chercher” l’objet soudain disparu, ce n’est pas que je n’y crois plus - je ne suis pas un petit Saint-Sébastien qui ne croirait qu’en ce qu’il verrait - c’est que je ne peux pas encore l’attraper, chercher, fouiller, retourner : ma main, mon bras, (toute ma motricité) sont en retard sur sur mon cerveau, car je le vois, dans ma tête.
J’ai jusqu’à 10-12 mois pour vous prouver par mes gestes que je sais, et vous verrez que des chercheurs ont bidouillé de formidables expériences qui prouvent à coup sûr que tout petit, déjà, je m’attends à voir réapparaître un beau joujou que j’ai vu avancer puis disparaître derrière un écran : ma mine déconfite prouve ma déception de ne pas le revoir là où il devrait réapparaître et que je n’aime pas ces “blagues” inquiétantes d’un réel qui ne tient pas ses promesses…

Je n’en suis pas encore à examiner méthodiquement tout ce que je saisis : ma main est encore bien maladroite et mes doigts n’ont pas appris à tourner, retourner délicatement. Par contre, il y a un itinéraire parfaitement balisé, celui qui va de l’objet saisi - peu importe comment - à la bouche: je suce, suçote, mordille et salive tant et plus. À cet âge, j’apprends beaucoup par la bouche, l’œil n’a même pas à guider, je suis comme un petit aveugle qui tâtonnerait pour “apprécier” les qualités des choses. Mais attendez que mon déliement digital s’affine et vous verrez le virtuose!… et comme l’œil observe bien et volontairement, et comme à l’évidence, le cerveau note, mémorise, pour bientôt inventer des variations…
Je fais aussi de sacrés progrès en tonicité musculaire: je tiens bien droite ma tête et je peux rester un moment assis (mais il faut encore me tenir le dos). Je deviens curieux, déjà je veux me soulever, voir mieux, plus loin: À plat ventre, je joue - un peu - au petit Sphinx, mais je fatigue vite, plus vite encore quand je suis sur le dos et que j’essaie - mais oui! - de me soulever, je redresse la tête, j’arrive à décoller les épaules, souvent avec une belle grimace d’effort, je voudrais tant qu’on me prenne…
Déjà, j’aime le jeu : la preuve, je ris, aux éclats, mes gazouillis deviennent des cris de joie. J’aime ces “blagues”-là parce que je les connais, je les aime et je les espère, je ne m’en lasse pas alors qu’une disparition illogique me met mal à l’aise.

Autre malaise, bien douloureux et nocif pour moi, quand je sens - mais oui ça passe - que Maman n’est pas en forme, qu’elle n’a pas le moral. Rien de plus contagieux que ces moments de dépression, et alors, comme elle, je n’ai plus le goût à grand chose et je ne fais guère de progrès. Simplement pour vous rappeler que pour être heureux et performant, il me faut sentir la quiétude, l’équilibre de Maman, en tout cas que ces temps de tristesse ne deviennent ni coutumiers no trop durables.

Nous reparlerons bientôt de cet indispensable minimum vital de sécuriité et affective et matérielle indispensable à l’épanouissement du tout petit et de sa maman.

Glanes

On constate sur le Net un intérêt croissant pour le thème de la toute petite enfance.
C’est-à-dire pour l’épanouissement en 2-3 ans des possibilités du futur écolier de petite section de maternelle.

Page 19 à 26 du rapport Attali : (Chapitre 1 / “Au commencement, le savoir”)
“Il n’y aura de croissance forte que si la société est capable d’aider
chacun à trouver les domaines dans lesquels il peut être le plus
heureux et le plus créatif. La croissance dépend à long terme du
potentiel de la jeunesse, de sa confiance en elle-même, de son
optimisme, de son goût de créer, de sa capacité à innover, enfin de
son insertion professionnelle et personnelle au sein de la société.”

“[Malgré les efforts budgétaires] Le poids de l’origine sociale n’a jamais autant déterminé les parcours scolaires, et ces derniers n’ont jamais autant déterminé les parcours professionnels…”

“OBJECTIF Doter tous les enfants des atouts nécessaires au monde.
L’acquisition de la confiance se fait pour les deux tiers de tous nos
enfants, quels que soient la culture et le niveau social, lors des dix
premiers mois, bien avant le début de la parole. Pratiquement tous
les enfants épanouis se trouvent dans des milieux affectifs et
sociaux stables : lorsque arrive l’âge de l’école, ils sont les mieux
préparés à en profiter. À l’opposé, un enfant sur trois connaît dès les
premiers mois une difficulté de développement. Lorsqu’ils entrent à
l’école, ils vivent cette épreuve comme un véritable traumatisme,
régressent, dorment mal, et leur angoisse provoque une inhibition
relationnelle et intellectuelle qui les place d’emblée parmi les
mauvaises performances scolaires. Humiliés par l’école, ils se
mettent à la détester et développent souvent des comportements
hostiles.”

“Au total, quand ils arrivent à l’école primaire, les enfants présentent
des différences en termes d’éveil, de maîtrise du vocabulaire, de capacité
d’écoute, d’aptitude à retenir, etc. L’école primaire ne permet pas
de réduire les difficultés décelées à la maternelle. Les facteurs de base
de la croissance sont alors irréversiblement en place.
La prise en charge très tôt des enfants est par conséquent
primordiale. Pour cela, il est fondamental de se donner des obligations
de résultats en termes d’éveil des comportements…”

Voici maintenant quelques pépites de Boris Cyrulnik

“Il est par exemple essentiel de travailler sur l’amélioration de l’accueil de la toute petite enfance. Tous les travaux d’éthologie, les travaux sur l’attachement, montrent que dès les premiers mois de la grossesse, quand un enfant est entouré par un milieu affectif stable, il acquiert une confiance primordiale. Résultat, quand il arrive à l’âge de la parole dix mois plus tard, il parle bien. Et lorsqu’il arrive à l’école, d’emblée il se classe parmi les bons élèves de la classe et il aime l’école. Car ces enfants se construisent dans une stabilité affective et dynamisante, La Finlande et la Suède ont incroyablement développé le plaisir de l’école, le plaisir d’apprendre en améliorant les structures d’accueil des tout premiers mois de la vie. Résultat, 4% seulement des enfants ont des difficultés d’apprentissage. Alors que dans les pays négligeant cette prise en charge des premiers mois de la vie, 30% des enfants accusent de graves lacunes scolaires. Les classifications de l’Unesco montrent que la France est classée au 29ème rang sur 40 pays étudiés.organisée par une constellation affective – la mère, le père, mais aussi, la fratrie, les voisins, la famille, le quartier. C’est un mode de raisonnement. “

Pour Boris Cyrulnik, - comme pour tous les résilients - il est nécessaire que nous ayons des attitudes positives, que nous gardions l’espoir d’un mieux toujours possible, que nous ne soyons pas des “foutuïstes”:

“La mentalité collective se fabrique à partir de tous nos récits sociaux : les récits familiaux, individuels, les récits de voisinages, les mythes, les stéréotypes, les préjugés… Cet ensemble de récits ont une influence sur notre façon de penser et d’agir : ils ont un effet placebo, positif, ou nocebo, négatif. Les récits qui relatent des réussites, mettent en avant des modèles de développement, sont des récits qui encouragent. Ceux qui ne se font l’écho que d’échecs ou de défaites, découragent. Or malheureusement, ce sont les récits décourageants qui prédominent en France.”

“…depuis vingt ou trente ans, la France adore les récits misérabilistes : « C’est foutu, c’est perdu, on n’y arrivera jamais ». Je ne dis pas qu’ils sont tous faux, mais ce ne sont que des récits. Sauf qu’ils finissent par se transformer en théories et que leurs effets sont particulièrement négatifs. C’est ainsi que nous sommes devenus des « foutuïstes » !”

“Mais de nombreux universitaires restent aujourd’hui encore dans le misérabilisme. Je les entends régulièrement dire : « Quand on a été blessé dans son enfance, on est foutu pour la vie ». J’entends des avocats affirmer devant l’enfant à celui qui l’a violenté : « Monsieur, avec ce que vous avez fait à cet enfant, il est foutu pour la vie » . Et ensuite, nous avons en thérapie des enfants qui vous disent « M’en sortir ? Mais l’avocate, elle était gentille, elle connaissait tout, elle a dit que j’étais foutu pour la vie »

Mais parfois de grands traumatisés sont révoltés par cette confiance jugée excessive.
Nous allons parler très bientôt, et longuement, de la résilience, de cette force intérieure et inconsciente qui se génère dans les tout premiers temps de la vie que justement on oublie, et qui, comme une célèbre pile ne s’use que si l’on a à s’en servir…

Les premiers pas

Comme promis, je vais tenter d’illustrer d’images fixes ou animées mes propos quelque peu ardus et abstraits.
Le but est de nous persuader encore mieux de la nécessité d’avoir avec nos tout petits, les nôtres génétiquement et ceux de notre entourage, ceux que nous croisons dans nos déplacements et nos voyages, des relations “positives”, structurantes, chaleureuses, en étant bien conscient que cette chaleur humaine que nous leur apporterons sera toujours un bon “placement” à long terme dont ils percevront s’il y a nécessité les “intérêts” sous la forme de pouvoir de “reconstruction” résiliente.
Nous allons donc répérer les témoignages imagés de l’efficacité de ces relations de stimulation sensorielle et affective des tout petits, les preuves évidentes de leurs progrès et de leur bonheur quand ils sentent bien que nous sommes heureux avec eux de leurs exploits.

from fr.youtube.com posted with vodpod


En quelques secondes l’essentiel est vu et exprimé: le bonheur partagé de la petite fille et de son papa : Bébé grandit, j’accepte son autonomie “Ouais!… dis donc!… Mais t’as plus besoin de personne!!…”

Premiers pas, première évasion…
Les premiers pas d’un tout petit, début magistral d’une autonomie, sont les prémisses des futures séparations qu’il faudra accepter: départ en colo, chez des amis, en pension, chez un mari, une belle-famille…

Un PEI-PE : un Programme d’Enrichissement Instrumental de la Petite Enfance

Le PEI de Reuven Feuërstein est d’abord un programme de sauvetage affectif (reprise de la confiance en soi, restauration d’une image de soi moins dévaluée) et de reconstruction, puis de structuration pour plus d’efficience des potentialités retrouvées.
Il s’adresse donc le plus souvent à des adolescents, à des adultes qui sont des victimes anciennes déjà, qui ont longuement souffert, qui ont accumulé les échecs, les frustrations, les doutes et les renoncements.

Ce dont je rêve, comme je n’ai cessé de le faire - est-ce une utopie ? – c’est d’une action préventive, le plus en amont possible, c’est-à-dire dès la naissance (et même pendant la grossesse et au temps encore plus ancien du désir d’enfant), essentiellement donc pendant la petite enfance, de 0 à 3 ans, au moment où les choses, mine de rien, se précipitent, un temps où les progrès vont à un train d’enfer, où les besoins à satisfaire sont les plus impérieux – et pourtant les plus simples (bonheur relationnel, bien-être et sécurité physiques, stimulations sensorielles…)

Essayons ensemble d’élaborer un PEI-PE, un « Programme d’Enrichissement Instrumental Petite Enfance» - en fait un inventaire pragmatique fondé sur la connaissance théorique et l’expérience de savoir faire et être vécus, éprouvés – un PEI donc adapté à la toute petite enfance.

Le bébé qui vient de naître a déjà des outils qu’il mûrit depuis des mois de vie intra-utérine. A la naissance, il a tout un bagage, tout un équipement de capteurs sensoriels (goût et odorat, toucher, audition, vue) en bon état de « marche » et qui ne demandent qu’à servir, à être sollicités, encouragés, affinés. Tous ces flux de sensations captées et acheminées pour appréciation, analyse vers les 15 milliards de neurones du cerveau, vont être d’abord en quelque sorte subis mais de moins en moins passivement : les réactions vont se diversifier – pleurs, cris, sourires, mimiques – mais aussi et surtout mouvements. Car Bébé n’est pas fait que de capteurs sensoriels, il a aussi tout un équipement neuromusculaire aux ordres – de mieux en mieux obéis - du cerveau. Bébé réagit, Bébé bouge, remue, gigote… et Maman le sait bien depuis son 5ème mois de grossesse…
Ces sensations et ces possibilités motrices – de déplacement donc ( des yeux, de la tête, des bras et des jambes, puis de la main, des doigts) vont peu à peu se coordonner pour « jouer » du monde, des choses du réel, pour manipuler, ce qui provoquera en feedback des flots de sensations nouvelles qui conforteront ou contrediront, d’où peu à peu des « stratégies », des schèmes “prémédités” d’actions successives efficaces sous contrôle sensoriel, des enchainements de petites actions intentionnelles : c’est là que se situe la naissance de l’intelligence.

Etre intelligent c’est d’abord être ouvrier. Gloire et honneur à la main et à l’œil qui la conseille, et au cerveau qui en tâche de fond silencieuse ne cesse de coordonner… et de savourer l’ineffable plaisir qui en résulte en cas de réussite, ce plaisir qui alimentera le désir de recommencer, de varier, d’essayer à nouveau.
L’intelligence naît dans le triangle main - oeil - cerveau. Si la main est déficiente, la mémoire des actions accomplies par d’autres (enfants, adultes de l’entourage…), la “représentation” - le petit cinéma qu’il s’en fait - suffit à l’”intelligence” (la compréhension) du pouvoir de l’action, de l’intention préalable, sur le réel, pour le modifier, l’expérimenter. Si l’œil est déficient, la perception des sensations tactiles venues de la main, du corps, permet au cerveau de se faire une “image” de l’action, ainsi vécue, donc “vue” parce que “sentie”, dans le noir.
Les déficiences sensorimotrices, et même cérébrales peuvent toujours être au moins en partie compensées, contournées. L’intelligence naît toujours de l’emploi de plusieurs “outils” . Si un outillage manque ou est incomplet, on fait avec ce qu’on a. Ce qui est indispensable c’est d’avoir gardé intact le désir d’essayer, d’entreprendre : les bonheurs des petits handicapés pour leurs modestes réussites sont sans doute bien plus intenses que les nôtres, nous qui sommes souvent suréquipés et qui ne savons pas bien tirer le meilleur parti de notre riche dotation. Observez comme votre chien qui vous aime cherche à vous “lire”, à vous “entendre”, et comment malgré son absence de langage humain, il parvient à communiquer avec nous…
Je reviendrai longuement sur ce thème : Le tout petit ne cesse de lire et d’écrire.

Il n’y a de vraie pédagogie que celle du plaisir de la réussite.
Quand on veut éduquer, apprendre, il faut, toujours, savoir donner des occasions de réussites, organiser des « provocations » à agir, à tenter, à expérimenter, et qui ne soient pas des défis impossibles. La vraie générosité du pédagogue est de savoir se mettre au modeste niveau des petits “élèves”, et d’être même assez humble pour partager sincèrement leurs grands petits plaisirs.
Être pédagogue c’est avant tout être un passeur généreux.

Donc apprenons à donner à nos tout petits des occasions de réussites à la portée de leurs sensations et de leur motricité débutantes. Observons, guettons les « jeux » qui marchent, qui plaisent, qu’ils rejouent pendant des heures, des jours, dont ils ne se lassent que quand ils sont mûrs pour de nouvelles étapes. Nos images, vidéos, témoignages peu à peu rassemblés ( et datés par l’âge des « acteurs » ) seront autant de preuves de cette synergie plaisir/désir – jeu/action.

Épanouir pas cher
Images, vidéos, écrits, récits, idées… Montons ensemble pour le mieux-être des tout-petits une « banque » de témoignages en images fixes ou animées, en paroles personnelles ou rapportées, enregistrées ou écrites, une réserve des savoir-faire d’adultes (ou d’autres enfants, de la famille ou non)
Il faut que nos images, nos vidéos, nos témoignages ainsi rassemblés et commentés interpellent et motivent celles et ceux qui nous visiteront par la suite. Il est des images, des récits authentiques, qui valent tous les discours du monde.

Dans un prochain billet, je vous dirai les stratégies que nous pourrions mettre en oeuvre pour mieux “outiller” notre bébé blog, pour le rendre plus efficace - plus intelligent!… - pour les buts que nous poursuivons. Nous essaierons de mettre en place des outils, des procédés de collecte d’images, de vidéos, de témoignages.

Je termine par un appel:
Je recherche un document de 4 à 5 pages ronéotées que j’ai eu il y a bien longtemps, que je ne retrouve plus - je suis excellent en désordre…
Ce document émanait sans doute de l’UNESCO ou de l’OMEP (Organisation Mondiale pour l’Éducation Préscolaire). L’OMEP créée par des survivants de la seconde guerre mondiale s’est beaucoup préoccupée des progrès à faire de l’humanité et ils ont eu l’intuition que c’était dans le berceaux, dans les maternelles que se trouvait un possible meilleur avenir. Mais dans le contexte de misères et de privations de l’immédiat après-guerre, ils ont été amenés à beaucoup réfléchir à des solutions aussi simples et aussi peu onéreuses que possible pour épanouir l’intelligence des tout petits.
L’une de ces solutions privilégiées, objet de plusieurs congrès mondiaux de L’OMEP est le jeu.
Le document que je recherche donne des conseils en matière de jeux avec leurs tout petits à l’intention des mamans des pays les plus pauvres, les plus “primitifs”, et qui n’ont évidemment pas les moyens d’acheter des jouets, des contrées où le Père Noël ne s’égare pas…
Ces quelques pages nous seraient bien précieuses, elles seraient les bases de notre quête d’occasions de jeux, d’activités pour des enfants de la naissance à 3 ans. Elles disaient aux mamans comment jouer avec leur petit enfant avec des objets de la nature, des galets, des pierres de couleurs et de tailles divers, des feuilles, des noyaux, de simples bouts de bois, sans compter les jeux seul ou à deux avec les mains, les doigts, le corps et les multiples plaisirs sensoriels qu’il peut procurer.
Si nous ne retrouvons pas ce document, nous saurons bien en élaborer un ensemble, et il nous faudra penser à tous ces petits de couleurs et de langues si différentes et qui pourtant, tous, sans exception ont les potentialités des petits blancs. Et bien sûr aussi à tous nos petits de chez nous que la sournoise misère, de plus en plus envahissante, malmène et détruit parfois.
Je vous le disais, ce changement de regard implique un changement de société.