Toute première enfance (0 / 3ans) : précisions, intentions

Pourquoi ce blog?

Parce que je suis persuadé que la non information est pire que la désinformation qui, elle, peut être outrancière, excessive, et, par là, reconnue, démasquée.

Mais ne pas informer est plus discret, bien plus efficace. Cette non information, cette moindre information, ce sont bien sûr les plus défavrisés qui en sont victimes, ils n’ont pas les outils (savoir lire, écouter, interpréter, interroger ), mais, bien plus grave, ils n’ont guère le temps, les moyens, les contacts : la culture, l’information, c’est du luxe quand on parvient à peine à survivre, quand toute l’énergie est prise par un travail ou bien minée par la dépression, le désespoir, la mésestime de soi.

Comme souvent, les victimes sont insensibles aux aspects les plus nocifs de leur souffrance, trop prises qu’elles sont par des urgences au quotidien, et elles ont bien d’autres préoccupations, d’autres priorités que le seul souci de s’informer, de comprendre ce qui leur est arrivé, comment elles en sont arrivées là, comment elles se sont laisées envahir, submerger par la misère, la pauvreté culturelle, le doute, la résignation, le mépris de soi. Toute leur énergie s’épuise

Et on m’objectera bien sûr et avec raison que l’accès à ce blog suppose un ordinateur , des loisirs et bien des compétences.

    Alors, pour qui ce blog?

  • Pour celles et ceux qui ont le souci du bien-être de leurs semblables, d’un peu de mieux-être pour commencer, pour recommencer, repartir…- Pour celles et ceux pour qui l’injustice est intolérable, surtout quand elle se manifeste de façon insidieuse, sournoise, quand il suffit de laisser faire les choses pour que se mettent en place les différences, les supériorités et les infériorités. Quand le prix d’un loyer suffit à interdire toute sortie, toute distraction, tout moment de vraie quiétude, tout temps de réflexion. Ne nous faisons pas d’illusions, beaucoup parmi nous, près de nous vivent traqués, cernés par les soucis, par les menaces et les insécurités de tous ordres.
  • Pour ceux et celles qui savent lire, sentir, percevoir la douleur, trop souvent, trop longtemps silencieuse, pour les travailleurs sociaux à l’écoute de douleurs souvent si mal exprimées.
  • Pour les enseignants, dès la petite section de maternelle, pour les personnels des diverses structures d’aide et de soin à la petite enfance et aux familles en difficulté, pour tous ceux qui ont sous les yeux ces tout petits en devenir.
  • Pour les personnels de santé, infirmiers, médecins, qui voient bien comment sont et vont les choses, mais qui n’ont souvent qu’à peine le temps de soigner les corps et qui, en tout bonne foi estiment ne pas avoir le loisir de se préoccuper des états d’âme et des sécheresses relationnelles

Que faire alors, et comment?

  • D’abord, nous informer, plus et mieux, même si nous pensons en toute bonne foi l’être suffisamment, nous informer individuellement, collectivement, les uns les autres.
  • Forts de cette information centrée sur la toute première enfance, forts de notre conviction renforcée que l’essentiel du devenir d’un enfant se joue dans ses premières années et dans la qualité du climat familial, nous saurons militer, convaincre les décideurs que les choses ne vont pas d’elle-mêmes, qu’il ne suffit pas d’assurer la santé physique des tout-petits. Tous, nous avons de bonnes raisons de nous donner bonne conscience, mais il nous faut sortir de cette indifférence, car nous, nous pouvons, nous savons glaner et exploiter efficacement les informations utiles pour un meilleur avenir pour nos propres enfants, Sachons bien que nous sommes des privilégiés armés de tous nos outils culturels et de nos vigilances.
  • Alors, sachons partager. Entre nous d’abord : trouvons ensemble des stratégies d’aide, de soutien plus efficaces, osons intervenir, il y a souvent non assistance à famille en danger affectif, apprenons à reconnaître ce type de danger, sachons être plus et mieux solidaires. Ne laissons pas la bonne nature assurer seule la croissance des enfants.
  • Soyons délibément inégalitaires : l’école pour tous dès 3 ans cela ne suffira pas, et cette mesure seule ne pourrait que révéler cruellement des inégalités qui n’auraient fait que s’accentuer.
  • Sachons être attentifs et que nos regards ne soient pas investigateurs mais bienveillants et confiants dans le formidable potentiel d’affection des mères et de progrès des tout petits.

Si nous le voulons bien, nous ferons bouger les choses, peu à peu, en nous d’abord, par cette réflexion collective, puis chez ceux qui ont le pouvoir de faire évoluer les priorités.

Trois années c’est bien vite passé : c’est dans ces trois premières années, de la naissance à la maternelle, que se façonne un avenir. Et c’est sur ces humbles bases que l’école, héritière obligée des familles, va poursuivre la plus noble des tâches : édifier une société meilleure, plus solidaire, plus généreuse, plus attentive au bien-être et à la quiétude affective de ses tout petits et de leurs parents.

Leave a Reply